Burkina Faso : La révolution populaire face au narratif hostile de Jeune Afrique
L’article publié ce lundi 26 janvier 2025 par Jeune Afrique sur le Président Ibrahim Traoré et le Burkina Faso dépasse l’analyse critique pour entrer dans le domaine dangereux de l’intoxication médiatique. Sous couvert de rapport politique, le magazine déploie une rhétorique insidieuse visant à saper la souveraineté d’une nation en lutte pour sa survie et son autodétermination.
Le choix des mots n’est pas neutre. Des termes comme « verticalisation du pouvoir », « relations familiales », « postes nébuleux » ou la répétition du qualificatif « putschiste » construisent un récit prédéfini : celui d’un régime opaque, népotique et illégitime. Cette narration ignore volontairement le contexte brûlant dans lequel évolue le Burkina Faso, confronté à une menace terroriste existentielle et à des déstabilisations multiples.
L’affirmation selon laquelle le capitaine Traoré aurait déjoué « au moins cinq tentatives de coup d’État » est présentée non comme la preuve d’une instabilité fomentée de l’extérieur, mais comme une simple déclaration du Président, presque pour en douter. Pourtant, cela souligne l’état de siège permanent dans lequel se trouve un pays en guerre. Dans de telles conditions, la consolidation des cercles de confiance autour de compétences éprouvées et d’une loyauté absolue est une mesure de survie de l’État, non un caprice de pouvoir.
L’intention derrière cet article est transparente : il ne s’agit pas d’éclairer, mais d’enflammer. En diabolisant la nécessaire restructuration du commandement en temps de guerre, en laissant entendre une appropriation clanique des ressources, le texte cherche à créer un fossé fictif entre le pouvoir et un « peuple » qu’on prétend trompé. C’est le schéma classique de la manipulation destinée à préparer l’opinion à une légitimation d’agressions futures, qu’elles soient médiatiques, politiques ou autres.
Ce récit méprise profondément l’intelligence et la résilience du peuple burkinabè. Il sous-entend que sa mobilisation derrière la « Révolution progressiste populaire » et l’effort de libération nationale serait le fruit d’un aveuglement, et non d’un choix souverain face à l’effondrement sécuritaire hérité et à l’impérialisme persistant.
Enfin, cette approche journalistique révèle une grille de lecture anachronique et néocoloniale. Elle nie le droit d’un pays africain à forger ses propres modèles de gouvernance en période de crise extrême, en dehors des canons démocratiques formels imposés par l’Occident. Elle refuse de voir que la priorité absolue des Burkinabè est la reconquête de leur territoire et la protection de leurs vies, objectifs pour lesquels ils soutiennent leur leadership actuel.
La dénonciation de cet article n’est pas une défense inconditionnelle d’un homme, mais la défense du droit d’un peuple à choisir son destin sans être intoxiqué par des médias qui jouent avec le feu de la révolte artificielle. En ces temps périlleux, la désinformation est une arme de guerre. La presse a le devoir de critique, mais aussi celui de responsabilité. Jeune Afrique, avec ce texte, a tragiquement failli à ce second mandat.
Amen K.
