RDC : L’investissement étranger afflue, portant les projets agréés à plus de 5 milliards de dollars en 2025
Sous l’impulsion d’une volonté gouvernementale de dynamiser l’économie, la République démocratique du Congo (RDC) enregistre une nette accélération des investissements agréés. L’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) a approuvé 96 projets en 2025, pour un volume record de 5,13 milliards de dollars. Ce chiffre marque une hausse spectaculaire de 125,7 % par rapport à l’année précédente, signe d’un regain d’intérêt des investisseurs, tant nationaux qu’internationaux.
Le cœur de cette dynamique repose sur les capitaux étrangers. Les investissements directs étrangers (IDE) ont représenté 84,39 % des montants agréés en 2025, démontrant une confiance croissante des acteurs internationaux dans des projets à forte intensité capitalistique. L’activité du Conseil d’agrément s’est intensifiée, avec 190 dossiers examinés contre 114 en 2024, reflétant une offre d’opportunités en expansion.
L’analyse sectorielle révèle une concentration des fonds. Le secteur des services a capté la majorité des engagements (61,47 %), largement tiré par des projets énergétiques cruciaux pour le développement du pays. Le secteur industriel suit avec 32,23 % des montants, une orientation qui, bien que significative, confirme la nécessité d’encourager davantage les activités de transformation locale pour créer plus de valeur ajoutée.
Géographiquement, le bassin minier du sud reste le pôle d’attraction principal. Les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga concentrent les plus gros volumes, avec respectivement 1,38 milliard et 868,6 millions de dollars. Toutefois, l’émergence de projets interprovinciaux, évalués à 1,9 milliard de dollars, indique un intérêt grandissant pour des investissements à l’échelle nationale, pouvant contribuer à un développement plus équilibré des territoires.
Cette performance intervient dans un contexte de renouveau institutionnel, avec la nomination de Rachel Pungu Luamba à la tête de l’ANAPI en décembre 2024. Ancienne auditrice interne de la Banque centrale, elle hérite de cette dynamique positive et affiche des priorités ambitieuses pour 2026. Celles-ci incluent l’aboutissement de la révision du Code des investissements jugé obsolète avec ses procédures lourdes et ses incitations fiscales peu claires , la digitalisation complète des services, et la promotion d’un investissement inclusif créateur d’emplois locaux.
Cette montée en puissance des agréments s’inscrit dans un processus plus large de réformes engagées par l’État pour améliorer le climat des affaires, avec l’élaboration d’une politique nationale dédiée. L’enjeu est désormais de transformer ces engagements projetés en réalisations concrètes, au service de la diversification et de la croissance économique de la RDC.
Amen K.
