Burkina Faso : Thomas Sankara, l’éternelle source d’inspiration pour une jeunesse burkinabè en quête de repères
Près de quatre décennies après sa disparition, le capitaine Thomas Sankara continue de hanter les consciences et d’irriguer les imaginaires. La scène qui s’est déroulée ce mercredi au Mémorial Thomas-SANKARA, à Ouagadougou, en porte un témoignage éclatant. Des enfants du Centre d’éveil et d’éducation préscolaire public de Gourcy, venus de la région du Yaadga, ont reçu la visite du Ministre Directeur de Cabinet du Président du Faso, le Capitaine Martha Céleste Anderson MEDAH. Une rencontre chargée de symboles, où le passé révolutionnaire a embrassé l’avenir d’une nation.
En s’adressant à ces tout-petits, le Capitaine MEDAH n’a pas simplement prononcé un discours de circonstance. Il a transmis un héritage. « Si nous aimons notre pays, le Burkina Faso va devenir très beau, très fort et vous, les enfants, vous êtes l’avenir de ce pays », a-t-il enseigné, invitant ces jeunes Burkinabè à aimer le drapeau, à travailler à l’école et à respecter leurs parents. Surtout, il les a exhortés à s’imprégner de l’histoire de Thomas Sankara pour devenir de bons patriotes.
Cette scène d’une simplicité désarmante révèle une vérité profonde : Sankara n’est pas mort. Il n’est pas seulement un nom inscrit sur un mémorial ou une figure figée dans les manuels d’histoire. Il est devenu un référentiel moral, une boussole pour des générations qui ne l’ont même pas connu. Au Burkina Faso, son appel à la dignité, à l’intégrité et au travail bien fait résonne encore dans les discours officiels comme dans les aspirations populaires.
Mais au-delà des frontières de la patrie des Hommes intègres, l’inspiration sankariste a essaimé. De Bamako à Dakar, de Conakry à Kinshasa, la jeunesse africaine redécouvre ce leader qui osait dire « Il faut oser inventer l’avenir ». Dans un continent en quête de souveraineté réelle et de modèles endogènes, Sankara incarne cette voix qui refusait de courber l’échine face aux puissances établies.
Le Directeur du Centre d’éveil de Gourcy, M. Boureima SAVADOGO, ne s’y trompe pas. Il voit dans cette visite une « opportunité pour inculquer aux enfants les idéaux de la Révolution progressiste populaire ». Ainsi, la flamme ne s’éteint pas : elle se transmet, patiemment, des mains du ministre à celles des enfants, comme un flambeau qui éclaire la marche d’un peuple.
Loin d’être une simple commémoration, cette rencontre au Mémorial est la preuve que Thomas Sankara demeure un architecte invisible, dont la pensée continue de bâtir le Burkina de demain. Par ces enfants, c’est tout un continent qui se souvient et qui se projette.
Amen K.
