RDC : Quand le projet de « Sun City 2 » porté par l’Angola bute sur le refus de Kinshasa

Vingt-quatre ans après les accords historiques de Sun City qui avaient mis fin à la guerre du Congo, l’ombre d’un nouveau dialogue plane sur l’avenir de la République démocratique du Congo. Le président angolais João Lourenço, médiateur désigné par la communauté internationale, ambitionne de réunir à nouveau toutes les forces vives de la nation pour tenter d’éteindre définitivement les braises qui ravagent l’Est du pays. Mais ce projet de « Sun City 2 », soutenu par Washington, se heurte déjà aux réticences du pouvoir de Félix Tshisekedi.

C’était en 2002. Sous l’égide de l’Afrique du Sud et de Thabo Mbeki, les accords de Sun City avaient permis de sortir le Congo de l’une des guerres les plus meurtrières qu’ait connues le continent. Aujourd’hui, João Lourenço s’attelle à la préparation d’un nouveau « Dialogue intercongolais » qui devait initialement se tenir à Luanda. L’objectif affiché est ambitieux : réunir autour de la même table société civile, opposition, groupes armés et pouvoir central pour trouver une solution durable à l’insécurité chronique qui endeuille l’Est de la RDC depuis trois décennies.

Selon des sources proches de la présidence angolaise, João Lourenço serait déterminé à aller jusqu’au bout de cette mission, voyant dans cette médiation un héritage diplomatique majeur pour son mandat. Des enjeux géostratégiques de taille, comme la sécurisation du corridor de Lobito, poussent également la communauté internationale à soutenir cette initiative.

Mais un obstacle de taille se dresse déjà sur la route de Luanda. À Kinshasa, l’accueil est pour le moins glacial. Le régime de Félix Tshisekedi refuse catégoriquement l’idée d’un dialogue qui se tiendrait en dehors du cadre institutionnel qu’il contrôle. Pour la majorité présidentielle, les seules discussions légitimes sont celles qui se déroulent au sein des institutions issues des dernières élections.

Cette fin de non-recevoir implicite pourrait torpiller l’initiative angolaise avant même son lancement. Car sans la bénédiction du pouvoir en place, difficile d’imaginer un dialogue vraiment inclusif et capable d’aboutir à des décisions contraignantes. Malgré cette opposition, l’équipe réunie autour de João Lourenço continue néanmoins de travailler pour poser les jalons de ce processus, preuve que Luanda ne compte pas en rester là.

Amen K.

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