Burkina Faso : Gestion des plateformes numériques, le CSC met en garde contre les dérives et appelle à une responsabilité accrue.
Face à la prolifération des fausses informations et aux menaces de cyberattaques qui pèsent sur la stabilité du pays, le Conseil supérieur de la communication (CSC) et la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) montent au créneau. À l’occasion d’un séminaire-atelier à l’attention des directeurs de la communication et des responsables des médias publics, les autorités ont lancé un appel solennel à la vigilance, tout en rappelant que la gestion des plateformes numériques expose désormais leurs responsables à de lourdes sanctions pénales.
Sous le thème « Gestion des plateformes numériques des médias des ministères et institutions : quelle attitude pour une information au service de la paix et de la cohésion sociale ? », cette rencontre visait à outiller les communicants publics. Mais au-delà des aspects techniques, le message principal délivré par les experts du CSC et de la BCLCC était sans équivoque : il est impératif de redoubler de responsabilité dans la publication d’informations, sous peine de se heurter à toute la rigueur de la loi.
À l’ère du numérique, où une simple rumeur peut enflammer les esprits et menacer la cohésion sociale, les pages Facebook, comptes X (anciennement Twitter) et sites web des institutions jouent un rôle central. Ils sont à la fois des vitrines et des sources d’information de référence. Cependant, cette position stratégique en fait aussi des cibles privilégiées pour les manipulateurs et les hackers. Les autorités ont donc exhorté les responsables de ces plateformes à ne plus se considérer comme de simples relais d’information, mais comme des gardiens de la paix sociale.
« Il ne s’agit pas seulement de poster du contenu. Il faut vérifier ses sources, former ses équipes et sécuriser ses comptes », a-t-on martelé lors des échanges. La principale mise en garde concerne la désinformation. Partager une information non vérifiée, même involontairement, peut avoir des conséquences désastreuses dans un contexte sécuritaire déjà fragile.
Les rappels à l’ordre ont également eu une tonalité juridique très ferme. Le CSC et la BCLCC ont tenu à rappeler que l’espace numérique n’est pas une zone de non-droit. La diffusion de « fake news » est désormais considérée comme un délit grave, passible de poursuites. « Si vous tombez dans le piège de la désinformation, vous vous exposez à tomber sur le cou de la loi », ont prévenu les experts. La collaboration entre le régulateur des médias et les enquêteurs de la cybercriminalité vise justement à traquer ces dérives.
En formant les DCRP et les rédacteurs des médias d’État, l’objectif est de créer un rempart contre les tentatives de déstabilisation. L’enjeu est de taille : garantir que l’information publique reste un facteur de paix et non un accélérateur de tensions. À l’issue de ce séminaire, les participants sont repartis avec une conscience aiguë de leur responsabilité pénale et sociétale. Dans la guerre de l’information que livre le Burkina Faso, la première des défenses reste la rigueur professionnelle de ceux qui manient la plume numérique.
Amen K.
