Mali : Insertion des jeunes, 3500 bénéficiaires attendus en 2026 grâce à un programme de formation ambitieux

Face à un marché du lavoro où l’informel emploie plus de 98 % des jeunes actifs, le gouvernement malien accélère sa stratégie de formation professionnelle pour offrir des perspectives concrètes à sa jeunesse. Lors de la deuxième session du Comité de pilotage du projet MLI/805, tenue le 26 février à Bamako, la ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck, a dévoilé les ambitions de l’État pour 2026.

L’annonce principale est sans équivoque : 3500 jeunes suivront cette année un parcours complet de formation et d’insertion professionnelle. Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’un projet lancé en 2025, doté d’un financement conséquent de 2,5 milliards FCFA (environ 4,4 millions de dollars), grâce à l’appui de partenaires techniques comme l’Union européenne et LuxDev, en collaboration avec les Conseils régionaux de Kayes, Koulikoro et Sikasso.

Le programme pour 2026 se décline en objectifs opérationnels précis : élaboration de dix nouveaux programmes de formation, renforcement des capacités de 300 formateurs, placement de 1750 jeunes en stage et accompagnement ciblé de 20 micro, petites et moyennes entreprises. L’ambition affichée est d’atteindre à terme 6000 bénéficiaires, en faisant de ce projet un véritable instrument d’insertion durable, fondé sur des résultats tangibles et une gouvernance transparente.

Cette impulsion gouvernementale répond à une réalité sociale pressante. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INSTAT), le tissu économique malien reste dominé par l’informel, limitant considérablement l’accès des jeunes à des emplois stables et correctement rémunérés. Si le taux de chômage officiel des 15-24 ans s’établissait à 3,98 % en 2024 selon l’OIT et la Banque mondiale, ce chiffre ne reflète ni l’ampleur du sous-emploi ni la situation des jeunes dits NEET (ni en emploi, ni en formation, ni en éducation).

Dans ce contexte, la formation professionnelle apparaît comme un levier stratégique pour combler le fossé entre les compétences disponibles et les besoins réels des employeurs. L’engouement des jeunes pour ces dispositifs ne se dément d’ailleurs pas : en 2025, le 14e contingent du programme de stage de l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (APEJ) avait enregistré plus de 15 000 candidatures pour seulement 2500 places, démontrant une demande sociale massive.

En intensifiant ses efforts et en structurant une offre de formation en phase avec les réalités économiques, le gouvernement malien entend transformer le potentiel démographique du pays en moteur de développement, offrant à sa jeunesse des perspectives d’avenir hors du secteur informel.

Amen K

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