Burkina Faso – Togo : Corridor Lomé-Ouagadougou, quand les pays scellent une alliance pour un transit fluide et efficace
Le vendredi 3 avril 2026, Lomé a abrité une réunion ministérielle qui pourrait bien marquer un tournant décisif pour le commerce entre le Burkina Faso et le Togo. Autour de la table, trois hommes : Émile Zerbo, Ministre d’État burkinabè en charge de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Comla Kadje, son homologue togolais des Transports, et Calixte Batossie Madjoulba, Ministre togolais de la Sécurité. Objectif commun : fluidifier le transit des marchandises sur l’axe stratégique Lomé-Ouagadougou.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Ce corridor est une artère vitale pour les deux pays, notamment pour le Burkina Faso, pays enclavé qui dépend du port de Lomé pour son approvisionnement et ses exportations. Pourtant, trop de freins ralentissent encore la circulation : surestaries coûteuses, lenteurs portuaires et douanières, infrastructures insuffisantes, et une réorganisation mal adaptée de certains bureaux de douane. Autant de goulots d’étranglement que la délégation burkinabè a posés sur la table sans détour.
Le Togo n’est pas en reste. Ses représentants ont pointé du doigt la gestion opaque du fret, le non-respect des quotas, les lourdeurs administratives au Poste de Contrôle juxtaposé de Cinkassé, sans oublier la fréquence excessive des contrôles routiers. Des pratiques anormales qui grèvent la compétitivité du corridor et découragent les transporteurs.
Mais l’heure n’était pas aux récriminations, mais à l’action. Les deux parties ont su faire preuve d’un esprit de responsabilité rare. Elles ont convenu d’une feuille de route claire : création d’un cadre permanent de concertation, opérationnalisation des mécanismes conjoints, harmonisation accélérée des procédures douanières, interconnexion des systèmes informatiques, lutte contre les tracasseries routières et réduction du rôle des intermédiaires. Autant de mesures concrètes qui, si elles sont appliquées, changeront la donne.
Rendez-vous est pris dans trois mois pour évaluer les progrès. Cette rencontre montre que lorsque deux pays africains décident de parler franc, d’écouter leurs difficultés mutuelles et de chercher ensemble des solutions, l’efficacité n’est pas un vain mot. Le corridor Lomé-Ouagadougou a toutes les chances de devenir un modèle d’intégration régionale. Reste à passer des paroles aux actes.
Amen K.
