RDC : Accords de Washington trahis, les États-Unis durcissent le ton face au Rwanda

Le 4 décembre 2025, les présidents Tshisekedi et Kagame se serraient la main à Washington sous l’œil de Donald Trump. Une image de paix, un accord historique, une nouvelle ère annoncée. Huit jours plus tard, le 12 décembre, l’ambassadeur américain auprès des Nations Unies, Mike Waltz, montait à la tribune du Conseil de sécurité pour pulvériser cette illusion en quelques minutes. Ce réquisitoire public, précis et sans précédent, marquait un tournant dans la posture américaine. Six mois plus tard, en juin 2026, ses mots résonnent avec une actualité brutale : le Rwanda n’a toujours pas retiré ses troupes du territoire congolais et continue d’armer, d’encadrer et de manipuler le M23 contre la RDC.

Waltz est venu dire, devant le monde entier, que les Accords de Washington ont été piétinés avant même d’avoir produit le moindre effet. Contre toute attente, l’ambassadeur américain a choisi la clarté chirurgicale : depuis sa réapparition en 2021, le Rwanda exerce un contrôle stratégique sur son groupe armé mandataire, le M23, ainsi que sur sa branche politique, l’Alliance Fleuve Congo (AFC). Le mot « mandataire » est lourd de sens : Kigali donne les ordres, le M23 exécute. Waltz ne parle pas de « certains éléments » ou de « combattants non identifiés ». Il nomme directement Kigali comme le cerveau de la guerre, affirmant que le Rwanda est « étroitement impliqué dans la planification et l’exécution de la guerre » et qu’il fournit « depuis des années des directives militaires et politiques » au M23 et à l’AFC. C’est l’accusation la plus directe jamais formulée publiquement par les États-Unis contre le Rwanda.

Waltz ne s’est pas contenté de grandes formules. Il est entré dans le concret : entre 5 000 et 7 000 soldats des Forces de défense rwandaises déployés aux côtés du M23, des missiles sol-air et un armement lourd sophistiqué, des drones suicides et de l’artillerie utilisés contre des cibles au Burundi. Il a accusé le Rwanda de participer directement aux offensives récentes, avec des troupes « colocalisées avec le M23 le long des lignes de front ». Le passage le plus violent : dénoncer « une triste hypocrisie » un État membre de l’ONU qui contribue à des missions de maintien de la paix tout en assiégeant la Monusco et en soutenant un groupe armé qui la bloque.

Cette déclaration rompt avec des années de langage feutré de Washington vis-à-vis de Kigali. Le Rwanda, longtemps perçu comme un partenaire stratégique, est ici traité comme l’acteur principal du blocage de la paix. Elle intervient huit jours seulement après la signature d’un accord sous égide américaine : un camouflet rare. Les États-Unis disent à Kigali : « Nous vous avons tendu la main. Vous l’avez rejetée. Maintenant, nous changeons de méthode ».

Six mois après, le Rwanda n’a toujours pas retiré ses troupes. Le M23 et l’AFC contrôlent de vastes portions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les livraisons d’armes, le commandement conjoint et le soutien logistique n’ont pas cessé. Les rapports du Groupe d’experts de l’ONU, les observations de la Monusco et les sanctions américaines contre les RDF confirment la ligne tracée par Waltz. Cette déclaration n’était pas un coup de colère isolé, mais le signal d’une nouvelle doctrine américaine.

Le 15 juillet 2026 n’est pas une date symbolique. C’est une nouvelle ligne rouge tracée par l’administration américaine. Le refus persistant du Rwanda de se retirer et de cesser de manipuler le M23 place Kigali face à un choix stratégique majeur : soit un retrait négocié, soit une escalade des pressions américaines. La déclaration de Mike Waltz n’était pas un simple moment de tension diplomatique. C’était le début d’une nouvelle phase. Avec l’ultimatum du 15 juillet 2026 fixé par Marco Rubio, on entre dans une phase décisive.

Amen K.

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