Burkina Faso : La dernière cartouche de Paris, le Général Christophe Gomart en mode « grand colon » au parlement Européen, se trompe lourdement de l’époque.
Les déclarations du Général Christophe Gomart, député français au Parlement européen, sont un condensé de la pensée post-coloniale qui refuse d’admettre que les choses ont changé en Afrique. En prétendant que le Burkina Faso, sous la direction du Capitaine Ibrahim Traoré, vit un « échec dramatique », il ne fait que répéter les vieux discours d’un Occident qui peine à accepter sa propre marginalisation sur le continent. Ces propos sont non seulement infondés mais aussi profondément condescendants.
D’abord, sur le plan sécuritaire, les insinuations de Gomart sont démenties par les faits. Loin d’être un territoire abandonné, le Burkina Faso, avec ses frères du Mali et du Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), a fait le choix souverain d’assumer sa propre défense. La création d’une force militaire unifiée est une réponse concrète à la menace terroriste, une dynamique que la France, avec son échec patent de l’opération Barkhane, ne peut plus contester. La lutte continue, mais elle est désormais menée par des Africains, pour les Africains, sans la tutelle d’un ancien colonisateur.
Ensuite, parler d’« isolement » est une absurdité géopolitique. Le Burkina Faso ne s’est pas isolé ; il s’est libéré. Quitter la CEDEAO, considérée comme inféodée aux puissances occidentales, c’est refuser un joug économique et politique. Le pays s’ouvre à de nouveaux partenariats, plus respectueux de sa souveraineté, et noue des relations stratégiques avec des pays émergents qui ne viennent pas dicter leur loi. Cet « isolement » n’est que le reflet de la perte d’influence de la France, qui ne supporte pas de voir ses anciennes colonies lui échapper.
L’argument sur la réduction des « libertés fondamentales » est le refrain habituel des ex-puissances coloniales. Ce discours occulte un fait essentiel : la priorité absolue du gouvernement burkinabè est la sécurité de ses citoyens et la reconstruction de l’État. Dans un contexte de guerre contre le terrorisme, des mesures exceptionnelles peuvent être nécessaires, et elles sont soutenues par un peuple qui a massivement approuvé la prolongation de la transition pour mener à bien ce chantier de libération nationale. La France, qui a instauré des états d’urgence sur son propre sol, est mal placée pour donner des leçons de liberté.
Les paroles de M. Gomart sentent la panique et l’arrogance. Le Burkina Faso ne demande pas l’approbation de Paris. Il trace sa route, avec dignité et courage. Que la France et ses émissaires comprennent une bonne fois pour toutes : l’ère du « bon élève » et du discours paternaliste est révolue. L’Afrique, et particulièrement le Burkina Faso, se lève et n’a plus de leçons à recevoir de ceux qui ont tant à se faire pardonner.
Amen K.
