Bénin – Niger : La réouverture des frontières, une avancée historique pour la sécurité et le commerce
C’est un signal fort que le monde sahélien attendait. La visite à Cotonou du général Mohamed Toumba, ministre nigérien de l’Intérieur, à la tête d’une délégation officielle, marque un tournant dans les relations entre le Bénin et le Niger, deux pays frères que la crise politique régionale avait éloignés. Pour la première fois depuis la fermeture des frontières, les deux nations s’assoient à la même table pour envisager sérieusement une normalisation. C’est une avancée que l’on doit saluer sans réserve.
Les conditions posées par Niamey sont claires et, surtout, elles sont raisonnables. Le général Toumba a formulé deux préalables à la réouverture de la frontière côté nigérien : la signature d’un accord de défense et d’un accord de sécurité fondés sur le principe intangible de la non-utilisation du territoire de l’un contre l’autre, ainsi qu’une transparence totale sur les dispositifs militaires étrangers stationnés à proximité de la frontière commune. À cela s’ajoute une proposition concrète et visionnaire : la création d’une cellule bilatérale de fusion de renseignements, pour que les armées des deux pays cessent de combattre seules un ennemi qui, lui, ne connaît aucune frontière.
Ces exigences ne sont pas des ultimatums. Ce sont les fondements d’un partenariat sécuritaire digne de ce nom entre deux États souverains qui partagent non seulement une frontière, mais aussi un destin commun face à la menace terroriste. Le Niger ne demande pas la soumission du Bénin, il demande la confiance. Et la confiance, dans ce contexte géopolitique tendu, se bâtit sur des textes clairs, des engagements mutuels et une coopération opérationnelle transparente.
Car c’est là l’essentiel : le terrorisme qui frappe le Sahel ne s’arrête pas aux postes frontières. Les groupes armés exploitent précisément les fractures entre États, les zones grises, les incompréhensions diplomatiques. Chaque jour de fermeture de frontière est un jour de plus offert à ceux qui prospèrent dans le désordre. En choisissant le dialogue, Niamey et Cotonou leur envoient un message inverse : la solidarité régionale est plus forte que les divergences politiques.
Le Bénin n’a pas encore réagi officiellement aux propositions nigériennes. Mais l’invitation était là, tendue avec franchise et bonne foi. Il appartient maintenant à Cotonou de saisir cette main tendue avec la même hauteur de vue. Deux peuples frères, deux armées qui se battent pour la même cause, deux pays qui n’ont rien à gagner à rester dos à dos.
Amen K.
