États – Unis : Le Pentagone veut mesurer la testostérone de ses soldats, entre optimisation biologique et controverse
Le ministre de la Défense américain, Pete Hegseth, a annoncé le 15 juillet une mesure destinée à évaluer le taux de testostérone des militaires afin d’« optimiser leurs capacités ». Selon lui, il s’agit de vérifier que les soldats disposent des « bases biologiques nécessaires pour tenir au combat » et, le cas échéant, de proposer un traitement hormonal pour compenser un déficit.
Concrètement, la prise en charge s’inscrit dans la visite médicale annuelle, à partir de trente ans, la mesure du taux de testostérone sera systématique. Les militaires plus jeunes pourront y souscrire volontairement. Le ministère précise que, si un traitement est recommandé, son suivi reste laissé à la décision individuelle du soldat. Le Pentagone n’a toutefois pas encore précisé si cette démarche concernera explicitement les femmes, dont la production de testostérone est naturellement plus faible et évolue différemment avec l’âge.
La communication de Pete Hegseth a été marquée par un registre volontariste et une tonalité résolument axée sur la performance. Dans une vidéo diffusée sur X, le ministre a justifié l’initiative en insistant sur la préservation de la longévité et la restauration des capacités naturelles plutôt que sur une « amélioration artificielle ». La publication, légendée d’un clin d’œil aux appellations martiales utilisées sous l’administration précédente, a alimenté les débats sur le sens et les limites d’une telle politique.
Cette annonce intervient dans un contexte où le ministère a déjà durci certaines exigences physiques et de condition des forces sous l’ère Hegseth. L’imposition de standards plus exigeants, jugés par certains calqués sur des critères masculins, et les critiques publiques du ministre envers des officiers en surpoids ont contribué à nourrir l’émoi et les interrogations au sein de l’institution.
Enfin, l’absence de précisions sur l’application aux femmes, sur les garanties de consentement éclairé et sur le suivi médical à long terme laisse subsister des incertitudes. Mesurer la santé biologique des soldats pour mieux les protéger est un objectif légitime ; en revanche, transformer cette démarche en critère normatif de « combativité » risque d’ouvrir des débats profonds sur la frontière entre soin, performance et norme au sein des forces armées.
Amen K.
