Burkina Faso : L’enseignement technique, nouveau pilier de la souveraineté éducative

Face aux limites d’un système éducatif jugé trop théorique, le Burkina Faso a engagé une mutation profonde de son école vers l’enseignement technique et professionnel. Sous l’impulsion du Capitaine Ibrahim Traoré, l’ambition est claire : faire de la formation aux métiers un levier de souveraineté économique et de développement endogène. « Il faut que chaque enfant burkinabè qui quitte l’école puisse savoir travailler avec ses dix doigts », a martelé le chef de l’État, posant les bases d’une orientation stratégique en faveur d’une formation professionnelle ancrée dans les besoins de l’économie nationale.

L’objectif est chiffré : porter la proportion d’apprenants dans les filières techniques et professionnelles à 60 % d’ici 2050. Pour y parvenir, une réforme d’envergure a été engagée avec la transformation de 170 établissements d’enseignement général en établissements polyvalents dès 2026, répartis sur l’ensemble du territoire. Ces structures proposeront plusieurs modèles de formations aux métiers, afin de toucher toutes les provinces et de répondre aux besoins spécifiques de chaque région.

Parallèlement, le gouvernement a mis en place le Répertoire National des Métiers, un document fédérateur qui recense et valorise les compétences exercées sur l’ensemble du territoire, couvrant quatorze secteurs d’activités identifiés comme leviers stratégiques de croissance. Ce référentiel permettra d’orienter les politiques de formation et de garantir une adéquation entre les compétences formées et les besoins du marché du travail.

La digitalisation de l’enseignement accompagne cette transformation. L’Université virtuelle du Burkina Faso et le déploiement des TIC dans le système universitaire visent à résorber l’insuffisance des infrastructures et à offrir des formations en ligne accessibles à un plus grand nombre. Les autorités encouragent également le développement des bibliothèques numériques et des serveurs universitaires pour moderniser l’accès au savoir.

Le ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique, Pr Moumouni Zoungrana, a appelé à une mobilisation collective pour réussir cette mission, insistant sur la nécessité de compter sur le génie créateur des acteurs pour inventer un enseignement professionnel en phase avec les exigences de souveraineté du pays. Ce virage vers le technique et le professionnel marque une rupture avec le passé et ouvre la voie à une école burkinabè résolument tournée vers l’avenir, où chaque jeune pourra, comme l’a souhaité le président Traoré, « savoir travailler avec ses dix doigts ».

Karim M.

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