Atlético : Le calvaire de Julian Alvarez inquiète, les supporteurs perdent patience
Il était l’idole incontestée du Metropolitano il y a encore quelques mois. Aujourd’hui, Julian Alvarez vit un véritable chemin de croix sous le maillot rouge et blanc. La qualification de l’Atlético de Madrid pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions, acquise hier soir face au Club Bruges (4-1), a été marquée par un triplé salvateur d’Alexander Sorloth, mais aussi par une énième prestation fantomatique de l’Argentin.
Dans la liesse collective qui a suivi la démonstration norvégienne, une ombre planait sur le visage des supporters. Celle d’un joueur à bout de souffle, dont le talent semble s’être évaporé. Alors que Sorloth était porté en triomphe pour son exploit, Julian Alvarez, lui, quittait la pelouse dès la 58e minute sous un mélange de sifflets et d’applaudissements polis. Un accueil glacial qui en dit long sur le divorce silencieux en train de se nouer entre le joueur et son public.
Face à des Belges pourtant généreux dans leurs espaces, l’ancien de River Plate est passé totalement au travers. Aucune inspiration, aucun dribble décisif, aucune occasion franche. La presse espagnole n’a pas été tendre. Marca lui accorde un 5/10, la plus faible note de l’équipe. AS enfonce le clou en pointant sa maladresse chronique : « Trop de ballons perdus quand il tente de combiner au milieu, pas adroit à la finition. » Un réquisitoire sévère, mais hélas fidèle à la dynamique actuelle du joueur.
Car le problème n’est pas nouveau. Cette saison, Alvarez enchaîne les prestations insipides, perdant au passage sa place de titulaire en championnat. Les supporters, eux, commencent à manifester ouvertement leur exaspération. La situation est d’autant plus tendue que les rumeurs d’un départ au Barça, que l’intéressé ne prend pas la peine de démentir, agacent profondément dans les travées du Metropolitano. Difficile de réclamer l’amour du public quand on entretient le flou sur ses intentions.
Pendant ce temps, la concurrence, elle, ne fait pas de sentiments. Sorloth s’impose comme le nouveau patron de l’attaque, Lookman a déjà séduit par ses débuts prometteurs, et Griezmann semble revivre une seconde jeunesse. Dans cette configuration, l’Araña se retrouve relégué au rang d’option secondaire, lui qui était l’arme fatale il y a un an. Le talent n’a pas disparu, mais la confiance, elle, s’est envolée. Et au rythme où vont les choses, l’Argentin pourrait bien finir par tisser sa toile ailleurs qu’à Madrid.
Amen K.
