Burkina Faso : 3ᵉ édition des Journées patriotiques, la transmission du réflexe « consommer local » à la jeunesse
C’est tout le sens de la 3ᵉ édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne, qui a servi de cadre à une initiative originale : un dialogue intergénérationnel organisé par le ministère de la Justice.
La cérémonie, présidée par le Secrétaire général Harouna KADIO, représentant le ministre Edasso BAYALA, a réuni jeunes et aînés autour d’un objectif commun : construire une conscience collective autour de la valorisation du « consommer local ». Mais pourquoi un dialogue entre générations pour parler de consommation ?
La réponse tient dans la pertinence même de cette rencontre. D’un côté, les aînés sont les dépositaires d’un savoir-faire artisanal et agricole souvent méconnu des plus jeunes. Ils ont connu l’époque où l’on tissait, cultivait et transformait sans dépendre des importations. Leur mémoire est une mine d’or de techniques locales, de recettes traditionnelles et d’astuces de production qui attendent d’être redécouvertes.
De l’autre côté, les jeunes sont porteurs d’une énergie nouvelle, maîtrisent les outils numériques et peuvent devenir les meilleurs ambassadeurs des produits locaux sur les réseaux sociaux, les plateformes de vente en ligne et les marchés modernes. Leur pouvoir d’achat, même modeste, orienté vers le « made in Burkina », peut créer un effet d’entraînement décisif pour les petits producteurs.
Le dialogue intergénérationnel permet ainsi de briser un mur invisible : celui du mépris parfois affiché par les jeunes pour les produits locaux jugés « vieux jeu », et celui de l’incompréhension des aînés face aux nouveaux modes de consommation. En réunissant ces deux mondes, le ministère de la Justice crée un espace de transmission où les uns apprennent des autres.
Au-delà du simple aspect économique, « consommer local » est aussi un acte citoyen et patriotique. C’est soutenir le travail de son voisin, réduire la dépendance aux importations et participer à la construction d’une économie plus résiliente. En initiant ce dialogue, le ministère rappelle que la souveraineté économique ne se décrète pas seulement dans les ministères : elle se construit dans les esprits, à la faveur d’échanges simples mais profonds entre générations. Une rencontre pleine de bon sens et d’avenir.
Amen K.
