Burkina Faso : Diplomatie et économie, Dr Aboubakar Nacanabo appelle à une synergie stratégique pour le rayonnement du pays
« Si un pays n’a pas une capacité économique, ce pays n’est pas écouté ». La formule est claire, et elle émane du ministre de l’Économie et des Finances, le Dr Aboubakar Nacanabo. Ce vendredi 6 mars 2026, à l’occasion de la quatrième édition des panels scientifiques de l’Institut des hautes études internationales (INHEI), le patron de l’économie burkinabè a livré une vision sans ambiguïté : la diplomatie et la coopération financière doivent désormais marcher main dans la main pour peser dans le concert des nations.
Le Ministre de l’Économie a posé le diagnostic avec lucidité. Dans le contexte actuel marqué par une révolution progressiste et populaire (RPP), le Burkina Faso se doit de repenser sa posture internationale. Mais pour être entendu, pour être respecté, un préalable s’impose : la puissance économique.
« On ne peut pas parler de diplomatie si, économiquement, on est faible », a-t-il martelé devant un parterre d’universitaires et de praticiens. Un pays sans poids économique, a-t-il expliqué, risque de voir sa voix se perdre dans les limbes des grandes négociations internationales. La légitimité diplomatique ne se décrète pas : elle se conquiert par la capacité à générer de la richesse, à offrir des opportunités et à peser dans les échanges mondiaux.
Pour autant, le ministre n’a pas opposé diplomatie et économie. Bien au contraire, il a insisté sur leur complémentarité organique. L’action diplomatique, selon lui, a pour mission première d’attirer les investisseurs, de tisser des partenariats gagnant-gagnant et de créer un environnement favorable aux affaires. C’est ainsi que naît la croissance, et que se construit le développement.
« L’action de la diplomatie et l’action de développement constituent un continuum », a affirmé le Dr Nacanabo. Tous les acteurs, qu’ils soient diplomates, économistes ou experts financiers, travaillent pour une même cause : le rayonnement économique du Burkina et le bien-être de l’ensemble des Burkinabè.
Dans cette perspective, la coopération financière n’est plus un simple appendice de la diplomatie, mais son prolongement naturel. Pour atteindre cet objectif, le ministre a appelé à une gouvernance renouvelée. La politique extérieure du Burkina Faso, a-t-il souligné, doit être cohérente, efficace et débarrassée des cloisonnements stériles. Les diplomates doivent intégrer les enjeux économiques dans leur pratique quotidienne, tandis que les financiers doivent penser leurs stratégies à l’aune des relations internationales.
Amen K.
