Cameroun : Face aux défis, le Président Paul Biya affirme sa détermination pour les années à venir.
Dans son traditionnel discours de fin d’année et d’entrée dans un nouveau mandat, le Président Paul Biya a dressé un tableau sans faux-semblant de la nation camerounaise. Loin de toute rhétorique de rupture ou de promesses éclatantes, le Chef de l’État a opté pour un ton marqué par une détermination froide et une continuité stratégique revendiquée. Ce discours visait moins à surprendre qu’à affirmer une posture : celle d’un pilote assumant pleinement son bilan et fixant son cap pour les sept prochaines années, face à une triple audience notamment l’opinion nationale, la classe politique et les partenaires internationaux.
La détermination du Président Biya se lit d’abord dans le refus de l’amnésie. Il a évoqué sans détour les « défis persistants » qui hypothèquent la paix et le développement du pays : la crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que la menace terroriste à l’Extrême-Nord. En nommant ces fractures, le Président assume la complexité de la situation et écarte toute idée de solution miracle. Cette franchise, perçue comme une marque de gravité, est un signal politique fort en direction d’une opinion publique souvent lassée par les conflits, et des partenaires étrangers qui observent la résilience de l’État.
Cette même détermination se traduit par la réaffirmation des priorités cardinales de son action. La sécurité, condition sine qua non de toute avancée, reste le premier front. La poursuite du dialogue, dans le cadre de l’unité nationale, est présentée comme l’unique voie pour résoudre la crise anglophone, un message à la fois pour les acteurs nationaux et pour la communauté internationale. Sur le plan économique, l’accent est mis sur la consolidation des infrastructures et la résilience face aux chocs mondiaux, dans la continuité des grands projets structurants.
Le discours s’inscrit ainsi dans une logique de trajectoire. Le Président revendique le bilan du passé, stabilité relative, réalisations infrastructures comme le socle sur lequel bâtir le futur. Il n’y a pas d’effet de rupture, mais la promesse d’une persévérance méthodique. Cette posture, interprétée par les uns comme de la fermeté nécessaire et par les autres comme une absence de renouveau, dessine les contours d’un septennat qui s’annonce sous le signe de la continuité déterminée. La véritable réponse à cette démonstration de volonté résidera dans la capacité à transformer cette détermination affichée en résultats tangibles pour les populations, sur les théâtres d’opérations sécuritaires comme sur le front du développement économique et social.
Amen K.
