Ghana : l’inflation chute à son plus bas historique à 3,8%, masquant des disparités régionales et sectorielles
Le Service statistique du Ghana (GSS) a annoncé, mercredi 4 février, un recul spectaculaire de l’inflation. Le taux global est descendu à 3,8 % en janvier 2026, son niveau le plus bas depuis la révision de l’indice des prix à la consommation (IPC) en 2021. Ce chiffre marque une baisse significative par rapport aux 5,4% de décembre 2024 et constitue le treizième mois consécutif de décélération.
Le statisticien du gouvernement, le Dr Alhassan Iddrisu, a précisé que l’IPC s’établissait à 262,3 en janvier 2026. Par rapport à janvier 2025, cette évolution correspond à un taux d’inflation annuel de 3,8%, soit un repli de 19,7 points de pourcentage par rapport au taux élevé de 23,5% enregistré un an plus tôt. Cette tendance à la baisse concerne à la fois les produits alimentaires, dont l’inflation a ralenti à 3,9%, et les produits non alimentaires.
Cependant, cette performance nationale globale cache des dynamiques contrastées dans l’économie réelle. D’une part, les prix à la consommation du mois de janvier montrent une modération mensuelle, avec une légère hausse de 1,1% pour l’alimentaire et une baisse de 0,4% pour le non-alimentaire. D’autre part, l’analyse détaillée du panier de l’IPC révèle de fortes disparités entre produits. Certains ont connu des baisses spectaculaires sur un an, comme l’aubergine africaine (-58,7%) et la tomate fraîche (-42,5%). À l’inverse, des produits de première nécessité comme le charbon de bois (+53,7%) et la banane plantain verte (+67,9%) ont subi des hausses de prix vertigineuses, exerçant une pression sur le budget des ménages.
Les écarts sont également géographiques. L’inflation varie considérablement d’une région à l’autre, mettant en lumière les fractures économiques locales. La région du Nord-Est enregistre le taux le plus élevé à 11,2%, tandis que la région de la Savannah connaît une déflation (-2,6%). Le GSS attribue ces différences à des facteurs structurels tels que l’approvisionnement local, les coûts de transport et l’accès aux marchés, qui influencent directement la formation des prix en dehors des centres urbains majeurs.
Ainsi, si la maîtrise de l’inflation à l’échelle nationale constitue une réussite économique majeure pour le Ghana, les données détaillées soulignent la persistance de défis en matière de stabilité des prix des denrées de base et d’équité régionale, rappelant que les agrégats nationaux ne reflètent pas toujours les réalités vécues par l’ensemble de la population.
Amen K.
