Iran – États-Unis : Nucléaire iranien, second round de discussions indirectes entre Téhéran et Washington à Genève.
Les discussions indirectes sur le dossier nucléaire se sont poursuivies mardi à Genève. Après environ quatre heures de négociations, les deux délégations ont quitté l’ambassade d’Oman, lieu des pourparlers, sans annonce majeure mais avec la volonté affichée de maintenir le dialogue ouvert.
Ce second cycle, diffusé en direct par la télévision d’État iranienne, s’est déroulé selon le même format que la précédente rencontre à Mascate. Par l’entremise de médiateurs omanais, avec l’appui d’experts spécialisés dans les domaines nucléaire, juridique et économique, les deux camps ont échangé des notes et des propositions sur les questions techniques du programme nucléaire iranien.
La délégation iranienne était conduite par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, tandis que la partie américaine était représentée par l’envoyé spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, conseiller du président Donald Trump. Avant les échanges de propositions, les deux délégations ont tenu des réunions séparées avec le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Albusaidi.
Au cœur des discussions : les aspects techniques du programme nucléaire iranien et, selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmail Baghaei, la question de l’allègement des sanctions. Téhéran réaffirme son exigence d’une levée des mesures punitives comme condition préalable à tout accord
Ce nouveau round intervient plus de huit mois après la suspension du dialogue diplomatique consécutive à la guerre entre l’Iran et Israël en juin dernier. Une interruption qui avait gelé les discussions déjà fragiles sur ce dossier sensible. D’après des sources proches des négociations, les propositions présentées par l’Iran lors de cette session pourraient ne pas recueillir l’adhésion de la partie américaine. Les positions restent éloignées sur des points techniques fondamentaux, même si la reprise du dialogue constitue en soi un signal positif après des mois de silence diplomatique.
Les délégations doivent désormais regagner leurs capitales respectives pour rendre compte des avancées et préparer la suite. Aucune date n’a été annoncée pour un éventuel troisième cycle, mais la médiation omanaise semble déterminée à maintenir le canal ouvert.
Dans ce jeu d’équilibriste où chaque mot est pesé, la tenue même de ces discussions indirectes représente une bouffée d’oxygène diplomatique. Entre la fermeté affichée par Téhéran sur la levée des sanctions et les exigences de Washington sur la transparence du programme nucléaire, l’espace de compromis reste étroit.
La communauté internationale observe avec attention ces tractations discrètes. L’enjeu dépasse largement le cadre bilatéral : il engage la stabilité de toute la région du Moyen-Orient et l’équilibre non-prolifération à l’échelle mondiale. En attendant, Genève et Mascate confirment leur rôle de places diplomatiques incontournables dans ce ballet prudent entre deux puissances que tout oppose, sauf la nécessité de parler.
Amen K.
