Mali : Bamako, futur carrefour du numérique sahélo-africain.
Bamako s’apprête à vibrer au rythme de la transformation digitale. Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, M. Alhamdou Ag Ilyène, a annoncé, mardi 6 janvier 2026, la tenue de la 3ème édition de la Semaine du Numérique du Mali. Cet événement phare se déroulera du 29 au 31 janvier au Centre International de Conférence de Bamako (CICB), promettant de faire de la capitale malienne l’épicentre de l’innovation technologique régionale.
Placée sous le thème « E-Gouvernement à l’ère de l’Intelligence Artificielle : Opportunités et défis pour la culture », cette édition interroge la rencontre entre la modernité numérique et l’héritage culturel. L’objectif ministériel est double : instaurer un cadre de dialogue fructueux entre startups, développeurs, investisseurs et fonctionnaires pour stimuler la compétitivité, tout en œuvrant à une modernisation de l’administration qui intègre et valorise l’identité culturelle malienne. Il s’agit d’exploiter le savoir-faire local pour construire une gouvernance numérique inclusive et ancrée dans les réalités nationales.
La grande nouveauté de 2026 réside dans son ambitieuse dimension diplomatique. L’événement dépasse les frontières maliennes pour embrasser une coopération sahélienne concrète. Le Burkina Faso et le Niger ont été désignés pays invités d’honneur, une symbolique forte qui acte la volonté de synergie technologique au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette participation croisée vise à partager les expériences, harmoniser les stratégies et explorer des solutions numériques communes face aux défis de développement et de souveraineté.
Cette Semaine du Numérique se présente ainsi comme une plateforme stratégique. Elle doit permettre d’identifier les leviers par lesquels l’intelligence artificielle peut optimiser les services publics de la délivrance de documents administratifs à la gestion des données tout en initiant une réflexion cruciale sur la préservation du patrimoine culturel à l’ère du numérique. Comment les langues nationales et les contenus locaux peuvent-ils irriguer les nouveaux outils ? Comment l’IA peut-elle servir à sauvegarder et diffuser l’histoire orale et les traditions ? Autant de questions qui seront au cœur des débats, ateliers et démonstrations.
En conviant ses partenaires de l’AES, le Mali positionne cette édition comme un acte fondateur d’une communauté numérique sahélienne. L’enjeu est de passer d’initiatives isolées à une dynamique collective capable d’attirer les investissements, de former une masse critique de talents et de concevoir des technologies adaptées aux contextes sahéliens. Du 29 au 31 janvier, Bamako aura pour mission de dessiner les contours de cette souveraineté numérique partagée.
Amen K.
