Mali : Quand la MILD se restructure pour enrayer la toxicomanie galopante

Face à l’inquiétante banalisation de la consommation de stupéfiants et à ses répercussions croissantes sur la sécurité publique, la Mission Interministérielle de Coordination de la Lutte contre la Drogue (MILD) engage une réforme majeure de son organisation. Lors d’une session stratégique tenue le 20 février 2026, l’organe national de coordination a acté une restructuration profonde à travers la création de cinq commissions spécialisées, marquant ainsi un tournant décisif dans la lutte contre la drogue.

Créée en 2015, la MILD adapte désormais son dispositif afin de couvrir l’ensemble de la chaîne de prévention, de contrôle et de prise en charge. Les nouvelles commissions sont structurées autour des axes suivants notamment politique et stratégie, législation et répression, prévention et sensibilisation, trafic licite et prise en charge des toxicodépendants, ainsi que coopération internationale. Cette réorganisation vise à renforcer la cohérence des interventions et à assurer une meilleure articulation entre les acteurs institutionnels concernés.

La session a été présidée par le Secrétaire Général du Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, Oumar Sogoba, qui a souligné l’urgence d’une réponse structurée face à la montée de la toxicomanie. Selon lui, la progression de la consommation de stupéfiants alimente directement certaines formes de criminalité, fragilise le tissu social et accentue les défis sécuritaires déjà présents. Le réajustement institutionnel apparaît ainsi comme une nécessité stratégique pour endiguer un phénomène aux multiples ramifications.

L’objectif affiché consiste à passer à une phase d’actions plus ciblées, coordonnées et fondées sur des données probantes. L’approche privilégie désormais l’évaluation systématique des programmes afin de mesurer l’efficacité réelle des initiatives mises en œuvre sur le terrain. Une telle orientation devrait permettre d’optimiser les ressources disponibles et d’identifier les leviers d’intervention les plus pertinents.

Parallèlement à cette réforme administrative, les actions opérationnelles connaissent une intensification notable. Des campagnes de sensibilisation sont organisées dans plusieurs localités afin d’alerter sur les dangers liés à la consommation de drogues. Des opérations d’incinération de produits saisis ont également été menées, traduisant la détermination des autorités à agir sur tous les fronts.

Cette nouvelle dynamique traduit une volonté affirmée de renforcer la gouvernance de la lutte antidrogue et de protéger durablement la société contre les effets dévastateurs des stupéfiants.

Amen K.

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