RDC : Solaire et batteries, le duo gagnant qui révolutionne l’énergie minière à Kamoa-Kakula
En République démocratique du Congo (RDC), où l’accès à l’électricité ne concerne qu’un cinquième de la population, un projet d’envergure redessine les contours de l’approvisionnement énergétique industriel. Le complexe minier de cuivre Kamoa-Kakula, l’un des plus importants au monde, s’apprête à fonctionner en partie grâce au soleil. Une véritable révolution dans un pays où l’instabilité du réseau électrique constitue un frein majeur au développement économique.
Développé par CrossBoundary Energy, le projet combine une centrale solaire de 233 MWp à un système de stockage par batteries d’une capacité impressionnante de 526 MWh. L’objectif est clair : fournir une puissance garantie de 30 MW en continu, avec une disponibilité annuelle de 95 %, un niveau de fiabilité habituellement l’apanage des centrales thermiques. Les prévisions tablent sur une production annuelle de 300 000 MWh, permettant d’éviter le rejet de près de 78 750 tonnes de CO₂.
Au-delà de la performance technique, c’est un signal fort qu’envoie ce partenariat. Dans un contexte où le réseau national reste limité et sujet à des perturbations récurrentes, l’industrie minière, pilier de l’économie congolaise, démontre qu’il est possible de sécuriser son approvisionnement grâce aux énergies renouvelables. Cette solution hybride, alliant production solaire et stockage, offre une stabilité comparable aux énergies fossiles, sans les inconvénients environnementaux ni la dépendance aux importations de combustibles.
Cette dynamique ne concerne pas que la RDC. En Afrique du Sud voisine, de nombreuses entreprises se tournent massivement vers le solaire pour faire face aux défaillances du réseau public tout en diversifiant leur mix énergétique et en répondant aux exigences climatiques internationales. L’engouement est tel qu’il attire désormais les bailleurs de fonds.
Preuve de cette confiance croissante du secteur financier, CrossBoundary Energy a bouclé en novembre 2025 une levée de fonds de 200 millions de dollars auprès d’un consortium bancaire mené par Standard Bank. Cette ligne de crédit conséquente vise à accélérer le déploiement de son portefeuille de projets renouvelables dédiés à l’industrie sur tout le continent. Quelques mois plus tôt, le fonds Impact Fund Denmark avait déjà injecté 40 millions de dollars dans l’entreprise.
Le projet Kamoa-Kakula incarne ainsi une tendance de fond : face aux carences des réseaux nationaux, l’industrie africaine prend son destin énergétique en main. Et c’est vers le solaire couplé au stockage, technologie mature et désormais compétitive, qu’elle se tourne pour assurer sa croissance et sa souveraineté énergétique.
Amen K.
