Togo-AIEA : Le nucléaire pacifique au service de la santé et de l’agriculture
Le Togo franchit une nouvelle étape dans sa diplomatie scientifique. Lundi 9 février 2026, à Vienne, le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, et le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, ont signé un cadre de partenariat stratégique pour la période 2026-2031. Un mécanisme inédit qui place les technologies nucléaires pacifiques au cœur des priorités de développement du pays.
Concrètement, cette coopération renforcée cible trois secteurs névralgiques pour l’avenir du Togo. D’abord, la santé, avec un accent particulier sur la lutte contre le cancer. Face à l’augmentation des cas et au manque criant d’équipements de radiothérapie et de médecine nucléaire, l’appui de l’AIEA devrait permettre d’accélérer la mise en place de centres spécialisés et la formation des personnels soignants. Derrière la technicité des termes se joue une question vitale : offrir aux Togolais des soins oncologiques de qualité sans devoir tout miser sur l’évacuation sanitaire à l’étranger.
Ensuite, la sécurité alimentaire. Les techniques nucléaires et isotopiques offrent des applications méconnues mais redoutablement efficaces : amélioration génétique des semences, lutte contre les ravageurs sans recours massif aux pesticides, gestion durable des sols et de l’eau. Pour un pays agricole confronté aux défis du changement climatique et de la souveraineté alimentaire, l’expertise de l’AIEA peut faire la différence entre des rendements stagnants et une véritable révolution verte.
Enfin, le développement énergétique et les applications industrielles. Sans nécessairement viser à court terme le nucléaire de puissance, le Togo explore les usages civils des rayonnements : stérilisation de matériel médical, contrôle non destructif de matériaux, traitement de certaines pollutions. Autant de niches où la technologie nucléaire, encadrée et sécurisée, peut apporter des solutions concrètes aux défis quotidiens.
Ce nouvel accord ne sort pas de nulle part. Membre de l’AIEA depuis 2012, le Togo siège depuis 2025 au prestigieux Conseil des gouverneurs, signe d’une crédibilité scientifique acquise année après année. Ce cadre 2026-2031 ne fait donc qu’officialiser et amplifier une dynamique déjà à l’œuvre. Il a surtout le mérite de clarifier les priorités : le nucléaire n’est pas une fin en soi, mais un outil au service des Togolais.
Reste à transformer ces engagements de papier en réalisations tangibles. Programmes de formation, acquisitions d’équipements, sécurisation des installations, sensibilisation des populations… Le chemin est encore long. Mais en verrouillant avec l’AIEA un partenariat structuré sur cinq ans, Lomé envoie un signal clair : le Togo veut maîtriser ces technologies, et il entend le faire avec sérieux, dans la durée, et pour le bien commun. L’atome togolais ne fera pas de bruit. Mais il pourrait, silencieusement, sauver des vies et remplir les greniers.
Amen K.
