Ghana : 1,47 milliard de dollars pour assainir et stabiliser le secteur énergétique

L’année 2025 aura été marquée par une opération financière majeure pour le Ghana. Le gouvernement a engagé un total de 1,47 milliard de dollars pour régler les dettes criardes de son secteur énergétique, un assainissement indispensable au rétablissement de la confiance des investisseurs et à la garantie de la Banque mondiale.

Ce paiement massif, révélé par le ministre des Finances Cassiel Ato Forson, répond à une situation critique héritée de l’ancienne administration. À son arrivée au pouvoir en janvier 2025, le président John Dramani Mahama a en effet trouvé un secteur énergétique au bord de la crise, fragilisé par des années d’accumulation d’impayés. Une partie essentielle de cette enveloppe, près de 600 millions de dollars, a servi à rembourser la garantie partielle de risque de la Banque mondiale, laquelle était entièrement épuisée, compromettant ainsi la capacité du pays à sécuriser de futurs financements.

Les règlements se sont également concentrés sur les principaux créanciers du secteur. Le gouvernement a ainsi apuré des arriérés de 480 millions de dollars dus aux fournisseurs de gaz ENI et Vitol, dont les livraisons depuis le champ offshore de Cape Three Points étaient vitales pour la production électrique. Parallèlement, une somme de 393 millions de dollars a été versée aux producteurs indépendants d’électricité (IPP), dont les factures impayées menaçaient la continuité de l’approvisionnement national.

Pour le ministre des Finances, Cassiel Ato Forson, cet effort historique marque un tournant décisif. Il affirme que « l’ère de l’accumulation incontrôlée de la dette est terminée » et que le secteur énergétique est désormais « stabilisé ». Cette stabilisation financière est un prérequis fondamental pour attirer de nouveaux investissements et mettre en œuvre des réformes structurelles durables.

Au-delà du simple apurement comptable, cette opération vise à restaurer la crédibilité internationale du Ghana et à redonner de la visibilité aux acteurs du marché. En rétablissant la garantie de la Banque mondiale, Accra renoue avec un instrument clé pour sécuriser des projets d’infrastructure énergétique futurs. Le gouvernement espère ainsi que cette page tournée permettra de se concentrer sur la modernisation du réseau, la diversification du mix énergétique et la recherche d’une efficacité économique à long terme, essentielles pour la croissance et la compétitivité du pays.

Amen K.

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