Sénégal : Le gouvernement durcit le code pénal contre l’homosexualité en pleine affaire judiciaire.

Le gouvernement sénégalais a franchi un nouveau cap dans la répression de l’homosexualité. Mercredi 18 février 2026, le Conseil des ministres a adopté un projet de loi modifiant l’article 319 du Code pénal, avec pour objectif de durcir les peines réprimant les relations homosexuelles. Le texte doit désormais être soumis aux députés pour adoption.

Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement tendu. Depuis début février, la gendarmerie sénégalaise a arrêté dix-sept hommes, dont deux personnalités médiatiques : l’animateur Pape Cheikh Diallo et le chanteur Djibril Dramé. Ils sont poursuivis pour actes contre nature, un délit passible d’un à cinq ans d’emprisonnement selon la législation actuelle. Plusieurs des prévenus, testés séropositifs, font également face à des accusations de transmission volontaire du VIH, une infraction pouvant entraîner jusqu’à dix ans de prison.

Le projet gouvernemental ne se limite pas à un simple alourdissement des sanctions. Selon le communiqué officiel, il prévoit la précision de la définition des actes contre nature ainsi que l’intégration de l’apologie et du financement de ces types d’actes dans les sanctions. Une extension du champ répressif qui inquiète les défenseurs des droits humains.

Human Rights Watch a immédiatement réagi, dénonçant des arrestations qui ravivent les inquiétudes concernant la criminalisation des relations entre personnes de même sexe. L’organisation réclame la libération des douze premiers hommes arrêtés et l’abrogation des lois discriminatoires.

Dans la société sénégalaise, où l’homosexualité est fortement stigmatisée, l’ONG islamique Jamra entretient l’amalgame en associant homosexualité, pédophilie et transmission du sida. Un climat qui pousse de nombreuses personnes LGBT à l’exil vers les pays voisins. Le gouvernement n’a pas précisé le nouveau quantum des peines, mais cette initiative répond à une promesse de campagne de l’actuel Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait affirmé vouloir renforcer la répression dès 2022. Reste à savoir si les députés suivront cette orientation, alors que des tentatives similaires avaient échoué en 2022 et 2024.

Amen K.

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