Burkina Faso : Quand Jeune Afrique, le média mercenaire propagandiste attitré veut faire des leçons de vertu numérique aux peuples Burkinabè.

Jeune Afrique, ce média autoproclamé de l’objectivité journalistique qu’on pourrait surnommer affectueusement le « mercenaire à plume » par euphémisme, toujours prêt à monnayer son encre auprès du plus offrant, pourvu que le chèque vienne d’une capitale étrangère ou d’un lobby bien installé, titre il y a quelques jours : « Burkina Faso : révélations sur la propagande numérique d’activistes pro-Ibrahim Traoré ». C’est un peu l’histoire de l’Église qui se moque de la charité.

Comment un média qui a fait de la soumission aux puissances d’argent son fonds de commerce ose-t-il accuser des citoyens burkinabè d’être des propagandistes ? Titrer, avec un aplomb sur de prétendues révélations concernant une supposée propagande numérique d’activistes pro-Ibrahim Traoré, comme si l’on découvrait soudain que le débat politique à l’ère des réseaux sociaux est un champ de bataille d’influences. Il fallait surtout oublier son propre reflet dans le miroir.

Car enfin, qui parle ? Un média qui, depuis des décennies, façonne des narratifs sur l’Afrique, distribue bons et mauvais points aux dirigeants, consacre certains et excommunie d’autres. Un média dont la ligne éditoriale épouse souvent, avec une remarquable souplesse, les intérêts géopolitiques et économiques dominants du moment. Et c’est ce même acteur qui s’érige aujourd’hui en procureur de la propagande ?

Soyons sérieux. Oui, il existe des militants numériques au Burkina Faso. Oui, ils défendent avec ferveur le capitaine Ibrahim Traoré et la transition en cours. Mais depuis quand l’engagement citoyen, même passionné, devient-il automatiquement une entreprise de manipulation ? Les réseaux sociaux ne sont pas un salon feutré : ce sont des arènes où il y a débat houleux et chacun vient avec son opinion. C’est parfois excessif, souvent partisan, mais c’est aussi l’expression brute d’une société qui cherche sa voie.

Ce qui dérange peut-être, ce n’est pas la propagande supposée, mais la perte du monopole du récit. Longtemps, certains médias ont parlé de l’Afrique à la place des Africains. Aujourd’hui, des Burkinabè prennent la parole, défendent leurs choix, contestent les analyses venues de l’extérieur. Cela bouscule. Cela irrite. Cela remet en cause une hiérarchie implicite de la légitimité.

Le Burkina Faso traverse une période critique, marquée par l’insécurité et une recomposition politique profonde. Dans ce contexte, le débat est inévitablement intense. Plutôt que de caricaturer des citoyens engagés en armée numérique, peut-être faudrait-il interroger les raisons de leur mobilisation : sentiment d’abandon, désir de souveraineté, quête de dignité.

Amen K.

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