États-Unis – Iran : Le plan en trois temps de Téhéran pour transformer les dommages de guerre en levier politique
Alors que les cicatrices du conflit de février sont encore vives, l’Iran durcit le ton. Le député Alireza Salimi, membre du bureau de la présidence du Parlement, a officiellement qualifié les États-Unis d’« État hostile » au regard du droit international, dévoilant simultanément une stratégie offensive en trois étapes pour obtenir réparation des dégâts infligés au pays.
L’offensive conjointe américano-israélienne du 28 février dernier a fait plus de 3 300 morts avant qu’un cessez-le-feu de deux semaines, médiatisé par le Pakistan et entré en vigueur le 8 avril, ne vienne suspendre les hostilités. Un répit fragile que Donald Trump a unilatéralement prolongé pour une durée indéterminée à la demande d’Islamabad. Mais pour Téhéran, la pause militaire ne signifie pas l’abandon des revendications.
Salimi a détaillé la riposte iranienne en trois temps. D’abord, des actions en justice devant les instances internationales pour que l’« agresseur » soit tenu responsable. Ensuite, si cette voie diplomatique échoue, l’Iran saisira des avoirs liés aux parties jugées coupables. Enfin, en ultime recours, « si ni les actions juridiques ni la récupération d’actifs ne donnent de résultats, l’Iran recourra à des mesures de réciprocité pour imposer des coûts équivalents », a-t-il prévenu.
Le député a également averti que tout pays ayant autorisé l’utilisation de son territoire ou de son espace aérien pour mener des attaques contre l’Iran pourrait être considéré comme complice et faire l’objet de poursuites.
Parallèlement, le président Massoud Pezeshkian a mis en garde contre toute tentative d’imposer un blocus maritime ou des restrictions dans le golfe Persique, qualifiant de telles actions de « violation du droit international ». Un projet législatif sur ces mesures serait actuellement dans sa phase finale.
Les demandes d’indemnisation sont devenues le principal point de blocage entre Téhéran et Washington. Le premier cycle de négociations à Islamabad s’est achevé sans avancée. Mais l’Iran est clair : sans réparation, aucun accord n’est possible. La balle est désormais dans le camp américain.
Amen K.
