Togo / Gestion forestière : Le pays durcit les règles pour protéger son couvert végétal
Le Togo franchit un nouveau cap dans la préservation de ses ressources naturelles. Par un arrêté ministériel pris ce mardi, le ministre de l’environnement, Dodzi Kokoroko, a fixé de nouvelles modalités pour l’obtention des attestations, agréments et autorisations régissant l’exploitation forestière. Une réforme qui vise à mettre de l’ordre dans un secteur stratégique pour l’économie et l’équilibre écologique du pays.
Désormais, les propriétaires de plantations âgées d’au moins trois ans peuvent bénéficier d’une attestation de reboisement, délivrée gratuitement sous dix jours ouvrés. Une mesure incitative destinée à encourager les efforts de reconstitution du couvert végétal. En contrepartie, toute coupe de bois est soumise à une autorisation préalable du ministre, accordée dans un délai de vingt jours.
Le texte encadre également plus strictement les échanges commerciaux. Les activités d’importation et d’exportation de produits forestiers sont désormais conditionnées à l’obtention d’agréments spécifiques : dix-huit mois pour les importateurs, un an pour les exportateurs. Les exploitants de dépôts et scieries à but lucratif disposent quant à eux d’un délai de 45 jours ouvrés pour se conformer aux nouvelles exigences sous peine de sanctions.
Côté transport, la traçabilité est renforcée. Tout déplacement de produits forestiers nécessite désormais une double autorisation, accompagnée d’un permis de circulation délivré sous 24 heures. Le bois de chauffe et les produits dérivés (portes, bancs, cadres) doivent quant à eux être munis d’un laissez-passer délivré par les directions préfectorales. Une manière de contrôler la chaîne depuis l’abattage jusqu’à la commercialisation.
L’arrêté précise enfin que tous ces documents sont personnels, incessibles et caducs à expiration. Une disposition qui vise à empêcher les trafics et les détournements d’autorisation.
Avec cette réforme, le gouvernement togolais entend frapper un grand coup contre l’exploitation illégale du bois, fléau qui menace gravement les forêts du pays. En imposant des délais stricts, une traçabilité renforcée et des documents nominatifs, Lomé se dote d’outils modernes pour une gestion durable de ses ressources. L’objectif à terme est clair : concilier les besoins économiques des populations avec la préservation d’un patrimoine naturel essentiel face aux défis du changement climatique.
Amen K.
