Burkina Faso : Religion et paix, appel à une collaboration active entre l’État et le Mouvement sunnite pour sauver le vivre-ensemble

Au Burkina Faso, la lutte contre le terrorisme ne se gagne pas seulement sur les champs de bataille. Elle se joue aussi dans les cœurs et les esprits, là où les discours extrémistes tentent de gangréner la jeunesse. C’est pourquoi la récente prise de position du Mouvement sunnite du Burkina Faso (MSBF) mérite d’être saluée et amplifiée. En affirmant sa disponibilité à œuvrer aux côtés des autorités pour la promotion de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble, le MSBF ouvre une voie essentielle : celle d’une collaboration active entre l’État et les guides religieux pour sauver la nation.

Le constat est malheureusement accablant. Comme l’a rappelé avec lucidité le Président Ibrahim Traoré, il est impossible de détruire une base de terroristes sans y trouver des livres du Coran. Ce fait, aussi douloureux soit-il, interpelle au plus haut point les premiers responsables de la religion musulmane. Il ne s’agit pas de stigmatiser une foi, mais de regarder la réalité en face : des individus manipulent le texte sacré pour justifier l’innommable. Face à ce fléau, le silence n’est plus une option.

Le MSBF a compris cette urgence. En tendant la main aux autorités, il reconnaît que la sensibilisation des fidèles constitue désormais un enjeu de sécurité nationale. Il ne suffit plus de prêcher la paix du haut des minarets ; il faut aller sur le terrain, dans les mosquées, les écoles coraniques et les communautés, pour déconstruire méthodiquement les discours toxiques qui ont coûté la vie à des milliers de Burkinabè. Cette mission, ni l’armée ni les forces de défense ne peuvent l’accomplir seules. Elle incombe d’abord aux guides religieux.

L’appel à collaboration doit donc se traduire par des actions concrètes : formation des imams à la détection des signes précoces de radicalisation, campagnes de sensibilisation dans les zones rurales, et création d’espaces de dialogue interreligieux. Le MSBF, par sa crédibilité et son ancrage local, peut devenir un partenaire stratégique dans la reconquête du tissu social. L’État, de son côté, doit lui fournir les moyens nécessaires pour amplifier cette action.

Le vivre-ensemble burkinabè est une conquête de tous les jours. Il ne résistera que si toutes les forces vives de la nation, y compris religieuses, s’unissent contre l’obscurantisme. Le Mouvement sunnite a montré la voie. Il appartient désormais à l’ensemble de la communauté musulmane de l’emprunter résolument, pour que jamais plus le Coran ne soit utilisé comme prétexte pour tuer.

Amen K.

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