RDC : Asile et fermeté, la Belgique durcit le ton face à l’afflux de demandeurs congolais
Bruxelles ne cache plus son agacement. Face à la hausse continue des demandes d’asile introduites par des ressortissants congolais, les autorités belges affichent désormais leur ras-le-bol et annoncent des mesures radicales. En déplacement à Kinshasa, la ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, a été claire : la Belgique ne souhaite plus être perçue comme une destination facile pour l’asile, d’autant que la majorité des demandes sont rejetées.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le nombre de demandes d’asile de Congolais est passé de 1 250 en 2023 à 2 500 en 2025. Sur les trois premiers mois de 2026, plus de 450 dossiers ont déjà été enregistrés. Pourtant, le taux d’acceptation ne cesse de chuter : 14 % en 2025, à peine 10 % au premier trimestre 2026. La ministre a lancé un avertissement sans équivoque : « Cela ne vaut pas la peine d’aller en Belgique pour demander l’asile, parce que les chances sont presque nulles. »
La Belgique envisage ainsi de refouler un premier groupe de demandeurs d’asile congolais dès la semaine prochaine, mêlant retours volontaires et expulsions forcées. Pour justifier ce durcissement, la ministre a évoqué une pression devenue trop forte sur la sécurité sociale, l’enseignement et le logement. « Les ressortissants congolais jugés malintentionnés seront renvoyés », a-t-elle prévenu.
De son côté, le vice-Premier ministre congolais, Jacquemain Shabani, a soulevé un autre sujet sensible : celui de certains Congolais vivant en Belgique sous statut d’asile, accusés de diffuser des messages de désinformation et des discours de haine nuisibles à la sécurité nationale.
Cette nouvelle orientation ne passe pas sans heurts. À la Chambre des représentants, la députée Lydia Mutchebele a vivement dénoncé une politique qu’elle juge « inhumaine ». Selon elle, la Belgique enfreint le droit international et européen, et cède à une logique populiste qui stigmatise les migrants. « Les Congolais ne quittent pas leur pays par plaisir », a-t-elle rappelé, fustigeant le manque de connaissance de la ministre sur les réalités congolaises, ses guerres et ses tragédies.
Alors que la Belgique assure rester ouverte aux étudiant, travailleurs et touristes, elle ferme résolument la porte aux demandes d’asile jugées injustifiées, au grand dam de la communauté congolaise qui craint une stigmatisation croissante.
Amen K.
