Togo – Bénin – Sénégal : Quand le roaming à prix local devient une réalité régionale
Le Togo, le Bénin et le Sénégal marquent un jalon dans l’intégration numérique ouest-africaine. Vendredi 24 avril 2026, à Lomé, en marge de la 23e Assemblée générale annuelle de l’ARTAO, ils ont officiellement lancé des services de roaming communautaire. Deux accords bilatéraux harmonisés Togo-Sénégal et Sénégal-Bénin, signés en décembre 2025 à Dakar entrent en vigueur, abolissant les frais exorbitants pour les appels, SMS et data en déplacement.
Amah Vinyo Capo, directeur des marchés et régulation à l’ARCEP Togo, a détaillé ces textes pionniers : alignés mot pour mot, ils préfigurent une harmonisation régionale via l’Association des régulateurs de télécommunications de l’Afrique de l’Ouest (ARTAO). « Nous levons une barrière majeure pour une mobilité digitale fluide », a déclaré Michel Yaovi Galley, DG de l’ARCEP-Togo. Désormais, les usagers communiquent gratis comme à domicile, que ce soit entre Lomé et Dakar ou Cotonou et Dakar.
Les mesures concrètes plafonnent les tarifs d’appels internationaux, locaux et data mobile, protégeant contre les surcoûts. Le Togo, pionnier, compte désormais sept partenaires en free roaming, dont six déjà actifs. Cette avancée répond aux plaintes récurrentes des voyageurs d’affaires, touristes et migrants, facilitant échanges familiaux et commerciaux.
Pour les consommateurs, c’est un soulagement tangible. « Les engagements doivent se traduire en actes par les opérateurs », insiste Emmanuel Sogadzi, président de la Ligue des Consommateurs du Togo (LCT). Edouard Loko, secrétaire exécutif de l’ARCEP Bénin, y voit un pas vers des communications accessibles « au-delà des frontières », boostant cohésion sociale et économie numérique.
Ces lancements propulsent l’Afrique de l’Ouest vers un marché télécom unifié, où le numérique rapproche les peuples et dope la croissance. À l’ère du mobile money et du e-commerce, supprimer ces freins ouvre des perspectives inédites pour 150 millions d’habitants.
Amen K.
