AES : Paris jubile, le Sahel saigne, bienvenue dans la propagande des médias français.
Il y a des silences qui tuent, et des mots qui achèvent. L’éditorial masqué de Jeune Afrique sur les attaques du 25 avril au Mali appartient à cette seconde catégorie, la plus perfide. Sous couvert d’analyse géopolitique, le média français ne se contente plus de critiquer l’Alliance des États du Sahel (AES) : il prend fait et cause pour les bourreaux.
Dans un récit d’une perversité rare, l’hebdomadaire assimile presque les combattants du Jnim et du Front de libération de l’Azawad (FLA) à de simples « forces d’opposition ». On y cherche en vain la moindre condamnation ferme du terrorisme. À la place, une rhétorique bien rodée : insinuer que la réponse de Bamako serait illégitime, tout en soufflant sur les braises séparatistes. Le procédé est aussi cruel que transparent.
Pire encore, la plume se réjouit, feint l’inquiétude sur la « crédibilité » de l’AES, mais jamais ne s’indigne des massacres perpétrés contre les populations civiles. C’est là la marque d’une propagande assumée : défendre ouvertement la cause des groupes armés, quitte à justifier leurs exactions par le silence ou la complaisance. En qualifiant de « test » une guerre d’agression terroriste, Jeune Afrique adopte le langage de ceux qui veulent voir le Sahel brûler pour que Paris conserve ses pré carrés.
Que cherchent-ils ? Détruire méthodiquement la légitimité des autorités maliennes, burkinabè et nigériennes. Chaque article est une munition intellectuelle offerte aux ennemis de l’AES. Les médias français ont choisi leur camp : celui de la désolation, de la désinformation et du soutien implicite aux forces qui déciment le Liptako-Gourma.
Mais l’AES ne se gouverne pas au gré des humeurs des anciennes puissances coloniales. Le capitaine Ibrahim Traoré et ses homologues savent que ces attaques ne sont pas un « test de crédibilité » – elles sont la preuve que l’hydre terroriste est encore alimentée par des relais extérieurs. La perversité ultime est là : accuser les victimes de ne pas réagir assez vite, tout en tenant la lanterne des assaillants.
À ceux qui, de Paris, jubilent devant chaque attaque, le Sahel répondra par sa résistance. Quant à Jeune Afrique, son masque est tombé : ce n’est plus un journal, c’est un instrument de guerre. Et l’histoire retiendra qu’au moment crucial, certains ont choisi la plume pour achever ceux que les balles n’avaient pas encore tués.
Amen K.
