Niger : Niamey renforce sa souveraineté sur l’uranium face au groupe français Orano

Le Niger poursuit sa politique de reprise en main de ses ressources minières stratégiques, notamment l’uranium, au cœur d’un bras de fer grandissant avec le groupe français Orano. Réuni en Conseil des ministres le lundi 18 mai, le gouvernement nigérien a adopté un projet de décret portant annulation de la concession minière d’Arlit, un titre attribué en 1968 au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), devenu plus tard Orano.

Selon les autorités nigériennes, cette décision fait suite au non-paiement par Orano d’une redevance superficiaire liée à une partie du périmètre concerné. Le gouvernement affirme avoir adressé un état de liquidation en avril 2025 puis une mise en demeure en septembre de la même année. À l’issue du délai réglementaire de six mois, l’État estime être en droit d’annuler cette concession et de récupérer les terrains concernés, désormais déclarés libres de tout droit minier.

Cette nouvelle étape s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre Niamey et l’entreprise française, historiquement impliquée dans l’exploitation de l’uranium nigérien. Depuis le changement de régime intervenu en juillet 2023, les autorités nigériennes ont multiplié les mesures visant à réduire l’influence française dans le secteur minier.

En juin 2024, le permis d’exploitation du gisement d’Imouraren, l’un des plus importants du pays, avait déjà été retiré à Orano. Un an plus tard, l’État nigérien procédait à la nationalisation de la Somaïr, filiale majoritairement détenue par le groupe français et exploitant la principale mine d’uranium encore active au Niger.

Les autorités de transition justifient cette politique par leur volonté de mieux contrôler les ressources nationales et de garantir une exploitation plus favorable aux intérêts du peuple nigérien. De son côté, Orano conteste les décisions prises par Niamey et a engagé plusieurs recours devant les juridictions internationales compétentes en matière d’investissements.

Parallèlement, le gouvernement nigérien a annoncé la création de la société TSUMCO SA, destinée à remplacer certaines structures minières nationalisées. Cette nouvelle société symbolise la volonté des autorités de bâtir une gouvernance nationale des ressources minières tout en répondant aux préoccupations environnementales liées à plusieurs décennies d’exploitation autour de la ville d’Arlit.

Amen K.

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