Burkina Faso : Stop au radicalisme et aux discours extrémistes

Depuis quelques jours, la toile burkinabè s’enflamme autour d’une information qui, si elle se confirme, mérite réflexion : l’arrestation d’un imam accusé d’avoir tenu des propos acerbes et virulents contre les autorités, au sujet d’un texte de loi encadrant la pratique religieuse dans les lieux publics. Sans préjuger du bien-fondé de cette mesure judiciaire, une chose est claire : au Burkina Faso, nul n’est au-dessus des lois.

Le Burkina Faso est, jusqu’à la preuve du contraire, une république laïque. Aucune obédience religieuse ne dirige l’État. La laïcité n’est pas une opinion, c’est un principe constitutionnel qui garantit la liberté de culte dans le respect de l’ordre public. Le texte de loi évoqué, qu’on l’approuve ou non a été discuté et adopté selon les règles démocratiques. Le critiquer est un droit ; l’attaquer par des appels à la désobéissance, en usant d’une tribune religieuse pour semer la division, n’en est pas un.

Il est temps de le dire avec fermeté : le fanatisme, l’endoctrinement et le radicalisme ne sauveront pas le Burkina. Ils l’ont déjà trop fait souffrir. Les années de violence terroriste, hélas alimentée par des dérives religieuses, nous ont appris une leçon simple : quand la loi recule, le chaos avance. Les leaders religieux ont une place éminente dans la société, mais celle-ci ne leur donne pas un droit de veto sur les décisions républicaines. Leur parole éclaire, elle ne dicte pas. Leur autorité spirituelle ne prime pas sur l’autorité de l’État.

Aux responsables religieux comme aux citoyens, nous disons : plions-nous aux textes de la République. Ce n’est pas une soumission, c’est un choix de civilisation. C’est refuser que la foi devienne un prétexte pour défier l’ordre légal. C’est accepter que, dans l’espace public, ce soit la loi et elle seule qui fixe les règles du vivre-ensemble.

Que la justice suive son cours, sereinement. Et que chacun médite ceci : un pays où l’on transige avec la loi au nom de la religion est un pays qui se prépare à la guerre de tous contre tous. Le Burkina Faso a choisi la laïcité. Respectons-la. Non par faiblesse, mais par fidélité à notre contrat social. La République n’appartient à aucune confession. Elle nous appartient à tous. À nous de la défendre en respectant ses lois.

Amen K.

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