Côte d’Ivoire : 243 migrants rapatriés de Tunisie, le douloureux chemin du retour volontaire

Ils étaient partis chercher un avenir meilleur, parfois au péril de leur vie. Ils reviennent les mains vides, mais vivants. Ce week-end, 243 migrants ivoiriens ont été rapatriés de Tunisie dans le cadre d’une opération de retour volontaire coordonnée par les autorités ivoiriennes et tunisiennes, avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Parmi eux, des hommes, des femmes et des enfants. Tous faisaient face à des conditions de vie difficiles en Tunisie, devenue ces dernières années une plaque tournante de la migration vers l’Europe. Arrivés à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan à bord d’un vol spécial affrété pour l’occasion, ils ont d’abord franchi les formalités administratives et sanitaires avant d’être transférés vers un centre d’accueil. Là, un accompagnement médical et psychologique les attend, ainsi qu’une aide à la réinsertion avant leur retour auprès de leurs familles.

Mamadou Sako, responsable au sein de la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE), présent à l’arrivée du vol, n’a pas caché la réalité : ces retours volontaires sont souvent vécus difficilement par les migrants concernés. L’échec du rêve européen laisse des traces. Pourtant, il a insisté sur un message d’espoir : des perspectives existent aussi en Côte d’Ivoire, à travers les dispositifs de formation et les opportunités d’emploi. Convaincre les candidats au départ que la terre natale peut encore offrir quelque chose est devenu un enjeu national.

Car les départs irréguliers continuent d’alimenter les réseaux de migration clandestine dans plusieurs pays ouest-africains. Face à ce fléau, les autorités ivoiriennes cherchent à renforcer les dispositifs de réintégration sociale et économique pour les migrants de retour. Les chiffres donnent la mesure du phénomène : près de 8 700 migrants ivoiriens sont rentrés dans leur pays entre 2022 et 2025 avec l’appui de l’OIM.

La Tunisie, quant à elle, est régulièrement épinglée par les organisations de défense des droits humains pour les conditions de vie des migrants subsahariens sur son territoire. Plusieurs pays africains ont accéléré ces derniers mois les opérations de rapatriement volontaire de leurs ressortissants bloqués dans le pays. La Côte d’Ivoire fait de même, avec une approche humaine : sauver ses enfants, puis les aider à reconstruire ici. Le chemin est long, mais c’est celui de la dignité.

Amen K.

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