Togo : Fragilités et prévention, le pays expose sa stratégie gagnante au Forum de la Banque mondiale

Le Togo a fait entendre sa voix tout récemment lors du Forum annuel de la Banque mondiale consacré aux fragilités. À cette occasion, c’est Sandra Ablamba Johnson, ministre secrétaire générale de la Présidence du Conseil et gouverneure pour le Togo auprès de l’institution de Bretton Woods, qui a porté la parole du pays.

Lors de cet échange organisé en format virtuel, la ministre a présenté une approche togolaise originale, fondée sur une conviction claire : la prévention des crises ne saurait être uniquement militaire. Face aux risques d’extrémisme violent et de déstabilisation qui secouent la région sahélo-sahélienne, Lomé a choisi une stratégie intégrée articulée autour de trois piliers : l’anticipation, la protection et la résilience des communautés.

Concrètement, l’anticipation repose sur des mécanismes d’alerte précoce et une action interministérielle coordonnée. La protection, elle, fait appel à la réponse opérationnelle des forces armées togolaises, déployées sur le terrain pour sécuriser les zones sensibles. Enfin, le renforcement de la résilience des communautés passe par des programmes d’envergure tels que le Programme d’urgence pour la région des Savanes (PURS) et le projet COSO.

Ces efforts portent déjà leurs fruits. Sandra Ablamba Johnson a indiqué que plus de 830 infrastructures communautaires ont été réalisées au bénéfice de plus de 545 000 personnes, majoritairement des femmes. Écoles, centres de santé, points d’eau, infrastructures énergétiques : autant d’équipements qui ancrent la présence de l’État dans les territoires les plus vulnérables et répondent aux besoins concrets des populations.

« Au Togo, la prévention n’est pas seulement militaire. Elle intègre simultanément la riposte sécuritaire, l’alerte précoce et les investissements dans les infrastructures socioéconomiques », a résumé la ministre. Une leçon que le Togo tire également des crises sahéliennes : « La situation au Sahel enseigne que les crises naissent de l’accumulation de vulnérabilités : pauvreté, exclusion sociale, déficit de services publics et perte de confiance envers l’État. »

Dans ce contexte, Sandra Ablamba Johnson a insisté sur un point essentiel : l’État doit être présent et agir de manière anticipative. C’est à ce prix, selon elle, que l’on évite que les fragilités ne créent un terrain fertile pour les groupes extrémistes. Le modèle togolais, combinant fermeté sécuritaire et développement local, semble ainsi tracer une voie prometteuse pour toute la région.

Amen K.

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