Burkina Faso : Budget numérique doublé à 61 milliards FCFA pour un saut qualitatif en 2026.
Le Burkina Faso met les bouchées doubles sur sa transition numérique. Le ministère en charge du secteur a vu son budget prévisionnel pour 2026 validé à 61 milliards de FCFA (environ 109 millions de dollars), soit le double de l’enveloppe 2025. Cette hausse spectaculaire vise à financer un plan de travail ambitieux de 156 activités, examiné lors du Conseil d’administration du secteur ministériel fin décembre 2025.
Cette accélération budgétaire s’inscrit dans la volonté du gouvernement de faire des technologies numériques un levier prioritaire de développement socio-économique et de modernisation de l’État. Le plan 2026 prévoit des actions concrètes comme le déploiement de 270 km supplémentaires de fibre optique, la poursuite de la couverture des « zones blanches » en réseaux mobiles et haut débit, l’opérationnalisation de mini-datacenters et l’accompagnement de la dématérialisation de 100 procédures administratives. La création de « maisons du citoyen » (Zama tchéy) pour rapprocher les services postaux des populations fait également partie des priorités.
Cet effort financier intervient alors que le ministère a affiché un taux de réalisation de 78% sur son programme 2025, qui comptait 134 activités pour un budget d’environ 30,4 milliards de FCFA. Parmi les réalisations de l’année écoulée figurent l’extension du réseau national de fibre optique à plus de 11 292 km, l’acquisition de cinq datacenters, le renforcement des compétences numériques de jeunes filles et la connexion de bâtiments publics au réseau sécurisé RESINA.
Malgré ces investissements, le pays part de loin. Il se classe 175e sur 193 selon l’indice de développement de l’e-gouvernement des Nations Unies, avec un score inférieur aux moyennes ouest-africaine et mondiale. En matière de connectivité, le taux de pénétration d’Internet n’était que de 17% en 2023, et la couverture 4G mobile atteint environ 46% du territoire. Près de 1 700 zones blanches ont été identifiées, avec un objectif d’en couvrir 750 en 2025.
La cybersécurité constitue un autre chantier. Si le Burkina obtient un score moyen dans les domaines législatif et organisationnel selon l’UIT, il doit renforcer ses mesures techniques et le développement des capacités.
En doublant son budget numérique, l’État burkinabè manifeste clairement sa volonté de combler son retard et de positionner le pays comme un acteur du numérique en Afrique de l’Ouest. La réalisation effective des 156 activités prévues sera cruciale pour transformer cette ambition financière en progrès tangibles pour l’administration, les entreprises et les citoyens.
Amen K.
