Burkina Faso : Comment le pays a atteint l’autosuffisance alimentaire

L’annonce par le Président Ibrahim Traoré de l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire en 2025 marque un tournant stratégique pour le Burkina Faso. Cette réalisation, présentée comme centrale dans le bilan de l’année, est le fruit d’une politique agricole multidimensionnelle, étroitement liée aux progrès sécuritaires et à une volonté d’autonomie nationale.

Le premier pilier de cette réussite est indéniablement la reconquête et la sécurisation de territoires agricoles. Les opérations militaires ont permis de reprendre le contrôle de dizaines de localités dans des régions agro-pastorales clés comme le Nahouri, les abords du barrage de Kompienga, ou encore les zones autour de Djibo. Cette sécurisation a ouvert la voie au retour de milliers de personnes déplacées internes, encouragées et accompagnées par l’État pour réinvestir leurs terres. La relance de la production dans ces bassins fertiles, longtemps inaccessibles, a ainsi injecté un volume crucial dans la production nationale.

Le second levier a été le soutien étatique massif à la campagne agricole 2024-2025. Le gouvernement a intensifié la distribution subventionnée d’intrants (semences améliorées, engrais), d’équipements et le financement de projets via des initiatives comme la « Banque agricole ». Cette aide directe visait à booster les rendements et à inciter à la remise en culture des champs. Parallèlement, d’importants investissements ont été consentis dans les infrastructures hydrauliques, avec la réhabilitation et la construction de barrages, de retenues d’eau et de systèmes d’irrigation pour limiter l’impact des aléas climatiques et étendre les superficies cultivables en contre-saison.

La valorisation des filières stratégiques a constitué le troisième axe. Une attention particulière a été portée aux céréales de base (sorgho, mil, maïs) et aux cultures de rente, avec des mécanismes de stockage et de commercialisation mieux organisés pour réguler les marchés et protéger les producteurs. La promotion de l’agro-écologie et des techniques de conservation des sols a aussi été mise en avant pour assurer une durabilité de la production.

Enfin, cette autosuffisance s’inscrit dans une logique de souveraineté plus large, où la sécurité alimentaire est considérée comme un impératif de défense nationale. Elle réduit la vulnérabilité du pays et renforce sa résilience face aux pressions extérieures. Si cet objectif est déclaré atteint, le défi pour 2026 sera de pérenniser ces acquis face aux défis climatiques et à la nécessité de maintenir un environnement sécurisé stable, condition sine qua non pour que les paysans puissent continuer à nourrir la nation.

Amen K.

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