Burkina Faso : La corruption, un poison qui paralyse l’avenir d’une nation
Les déclarations récentes des autorités burkinabè sur la lutte contre la corruption révèlent un constat amer : malgré les proclamations et les mesures annoncées, le fléau persiste et ronge les fondements de la société. L’annonce de nouvelles sanctions, d’une « carte Labaal » ou de campagnes de sensibilisation pour 2026 ne peut masquer l’évidence. La corruption n’est pas un accident, mais un système profondément ancré qui freine tout développement et trahit quotidiennement la confiance des citoyens.
Comment accepter que, dans un pays confronté à des défis immenses, des ressources vitales continuent d’être détournées ? Comment tolérer que l’administration publique, censée servir, soit encore marquée par la lenteur volontaire, l’absentéisme et le trafic d’influence ? Ces pratiques ne sont pas des détails. Elles volent l’éducation des enfants, les médicaments des malades, et compromettent la sécurité de tous. Chaque pot-de-vin accepté ou sollicité est un coup porté à l’espoir collectif.
Le peuple burkinabè dans son ensemble est appelé à une prise de conscience aiguë et à une vigilance de chaque instant. La corruption prospère dans le silence et la résignation. Elle s’épanouit lorsque le citoyen, par lassitude ou par intérêt immédiat, devient complice. Refuser de payer pour un service qui devrait être gratuit, dénoncer les abus sans crainte, exiger transparence et redevabilité de ses institutions : voilà le combat quotidien qui incombe à chacun.
L’avenir du pays se joue aujourd’hui dans ce refus collectif de la médiocrité et du détournement. Il est temps de choisir entre la perpétuation d’un système prédateur et la construction d’une patrie où la dignité et l’intégrité guident l’action publique comme les comportements privés. La lutte contre la corruption n’est pas l’affaire d’une seule institution ; c’est l’affaire de tous. Le moment est venu de dire « assez » et d’agir, résolument, pour que cesse ce pillage silencieux qui condamne les générations futures.
Amen K.
