Ghana : La traque au « galamsey » s’intensifie dans la région de Savannah.

L’offensive des autorités ghanéennes contre l’exploitation minière illégale, communément appelée « galamsey », a marqué un nouveau coup d’arrêt cette semaine dans la région de Savannah. Vingt-deux ressortissants togolais ont été interpellés par les services de renseignement de la police régionale, alors qu’ils se rendaient dans la zone minière de Tuntumba, réputée pour ses activités illicites. Cette opération ciblée, menée grâce à l’interception d’un camion, illustre la détermination renforcée des forces de l’ordre à sécuriser un secteur minier vital pour l’économie nationale, mais profondément gangrené par la criminalité transnationale.

Ces arrestations s’inscrivent dans le cadre d’une vaste campagne lancée par la police depuis mars 2025, ayant déjà conduit à l’interpellation de plus de 300 personnes, dont 46 ressortissants chinois, et à la saisie de nombreux équipements. La région de Savannah, identifiée comme un nouvel épicentre du fléau, est désormais sous surveillance accrue. Les suspects togolais, actuellement en garde à vue, doivent être transférés aux services de l’immigration pour les procédures légales d’usage, confirmant l’approche résolue des autorités.

Cette action intervient dans un contexte alarmant, récemment documenté par un rapport de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC). L’étude révèle l’ampleur du phénomène : l’exploitation minière artisanale à petite échelle (ASGM) représenterait plus de 30% de la production nationale d’or du Ghana, champion africain de la production. Pire, une part considérable échappe à tout contrôle, avec une estimation de 24 à 30 tonnes d’or non déclarées en 2022, d’une valeur d’environ 1,74 milliard de dollars. Cette économie parallèle prive l’État de précieuses recettes et alimente des réseaux criminels complexes.

Les conséquences du « galamsey » dépassent largement le cadre économique. Le rapport souligne des impacts socio-environnementaux dévastateurs : déforestation massive, pollution des sols et des cours d’eau au mercure et au cyanure, exploitation de la main-d’œuvre, y compris des femmes, et montée de violences communautaires. L’infiltration de réseaux étrangers, notamment chinois, ajoute une couche de complexité géopolitique et sécuritaire à ce défi national.

L’arrestation des vingt-deux Togolais n’est donc pas un incident isolé, mais un épisode significatif d’une bataille plus large. Elle symbolise la lutte du Ghana pour reprendre le contrôle de ses ressources, protéger son environnement et assurer la souveraineté de son territoire économique face à des acteurs transnationaux. L’efficacité à long terme de cette traque dépendra de la capacité des autorités à poursuivre non seulement les mineurs clandestins, mais aussi les commanditaires et les réseaux logistiques qui soutiennent cette activité illicite, tout en proposant des alternatives économiques viables aux communautés locales.

Amen K.

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