Iran : Trump prolonge le cessez-le-feu avec l’Iran, mais maintient le blocus, une trêve sous tension

Nouveau revirement de Donald Trump. Le président américain, qui jugeait encore lundi « hautement improbable » une prolongation du cessez-le-feu avec l’Iran, a finalement annoncé mardi l’extension jusqu’à nouvel ordre de la trêve en vigueur depuis le 8 avril. Mais cette bouffée d’air a son prix : le blocus des ports iraniens, lui, est maintenu.

À quelques heures de l’échéance prévue dans la nuit de mardi à mercredi, le locataire de la Maison Blanche a cédé à la demande des médiateurs pakistanais. Sur son réseau Truth Social, il a expliqué avoir choisi de prolonger l’arrêt des combats jusqu’à ce que « l’Iran présente une proposition » pour mettre fin au conflit, évoquant des divisions au sommet du pouvoir iranien. En attendant, les ports du pays restent sous blocus, a-t-il précisé.

Une décision en demi-teinte qui n’a pas encore reçu de réaction officielle de Téhéran. Mais l’Iran avait déjà prévenu : pour lui, le blocus constitue « un acte de guerre et donc une violation du cessez-le-feu », a martelé le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Le pays s’était d’ailleurs refusé à envoyer une délégation à Islamabad pour de nouveaux pourparlers, exigeant au préalable la levée du blocus. Avant l’annonce américaine, Téhéran avait même menacé de reprendre les frappes contre les pays du Golfe, mettant en péril l’approvisionnement pétrolier mondial.

Malgré ces tensions, la prolongation de la trêve a été saluée. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a espéré sur X que les deux parties parviendraient à « un accord de paix » lors du prochain cycle de négociations. Le chef de l’ONU, Antonio Guterres, s’est félicité d’une « avancée importante vers la désescalade ». Signe de prudence toutefois, le vice-président américain JD Vance, qui devait se rendre au Pakistan pour un second round de discussions, est finalement resté aux États-Unis.

Côté marchés, les cours du pétrole ont légèrement baissé ce mercredi matin en Asie après l’annonce. Ils avaient flambé depuis le début du conflit le 28 février, le détroit d’Ormuz  par où transite un cinquième de l’approvisionnement mondial étant menacé. Donald Trump a assuré que l’Iran voulait sa réouverture, avant d’ajouter une menace radicale : « si nous faisons cela, il ne pourra jamais y avoir d’accord avec l’Iran, sauf si nous faisons sauter le reste de leur pays ».

Pendant ce temps, le Royaume-Uni réunit ce mercredi et jeudi des militaires d’une trentaine de pays pour préparer une mission de protection de la navigation dans le détroit d’Ormuz après le conflit. La trêve est prolongée, mais la méfiance, elle, reste entière.

Amen K.

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