Mali : Attaque de plusieurs villes en même temps, comment le service de renseignement n’a-t-il rien vu venir ?

L’attaque terroriste survenue le 25 avril dernier au Mali a plongé le pays dans l’émotion et l’interrogation. Pertes en vies humaines, dégâts matériels considérables, et derrière ce bilan tragique, une question lancinante : comment une opération d’envergure, ciblant plusieurs villes simultanément, a-t-elle pu se produire sans que les services de renseignement n’en aient eu le moindre écho ? Aujourd’hui, beaucoup se posent cette question avec une légitime amertume.

Il ne s’agit pas ici de jeter l’opprobre sur des hommes et des femmes qui se sacrifient quotidiennement sur le terrain. Il s’agit d’interroger un système, une méthode, une chaîne de vigilance qui semble avoir montré ses limites. Car un service de renseignement efficace ne se juge pas seulement à ses succès, mais aussi à sa capacité à déjouer les coups avant qu’ils ne soient portés. Sur ce point, l’attaque coordonnée du 25 avril constitue un signal d’alarme.

Comment expliquer qu’une opération d’une telle ampleur ait pu être montée, planifiée et exécutée en toute discrétion ? Les signaux faibles ont-ils été ignorés ? Les informations remontées sur le terrain ont-elles été correctement recoupées ? La coordination entre les différentes cellules de renseignement a-t-elle fonctionné comme elle aurait dû ? Autant de questions qui méritent des réponses claires, non pour désigner des coupables, mais pour tirer les leçons nécessaires.

Car l’enjeu dépasse largement le cadre d’une seule attaque. Si les services de renseignement peinent à anticiper, c’est tout le dispositif sécuritaire national qui se trouve fragilisé. Les groupes armés terroristes, eux, apprennent de leurs échecs et adaptent leurs méthodes. Il est impératif que l’appareil de renseignement malien fasse de même, avec plus de rigueur, plus de moyens et plus de coordination.

Aujourd’hui, beaucoup réclament des comptes, non par esprit de vengeance, mais par souci de la Nation. Il faut que chacun fasse bien son travail, du simple agent de terrain au responsable de la centralisation des informations. Une seule négligence, une seule information mal exploitée peut coûter des vies. Le Mali a déjà trop souffert pour que l’on se permette le luxe d’une vigilance approximative.

L’heure n’est donc pas aux polémiques stériles, mais à un audit courageux des pratiques et à une refondation de la culture du renseignement. Les Maliens attendent de leurs services qu’ils protègent. Pour cela, il faut anticiper. Et pour anticiper, il faut que chaque maillon de la chaîne soit irréprochable. Le 25 avril ne doit pas être un drame de plus. Il doit être le dernier échec avant le sursaut.

Amen K.

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