RDC : Kamoa-Kakula franchit un cap industriel majeur avec ses premières anodes de cuivre.
La nouvelle fonderie du complexe minier Kamoa-Kakula, en République démocratique du Congo, a produit ses premières anodes de cuivre pur à 99,7 % fin décembre 2025. Cette réalisation marque une étape historique dans l’intégration industrielle du secteur minier congolais, concrétisant une stratégie de transformation locale annoncée dès 2021.
D’un investissement de 700 millions de dollars, cette infrastructure est présentée comme la plus grande installation de ce type en Afrique. Elle est conçue pour traiter jusqu’à 500 000 tonnes de concentré par an, transformant ainsi sur place la production de la mine. Jusqu’à présent, une grande partie du concentré de cuivre de Kamoa-Kakula était exportée pour être raffinée à l’étranger.
Cet outil industriel générera également un sous-produit stratégique : jusqu’à 700 000 tonnes d’acide sulfurique par an. Cette production arrive à point nommé, répondant à une demande régionale accrue depuis l’interdiction d’exportation de ce produit par la Zambie en septembre 2025.
L’entrée en service de la fonderie s’inscrit dans un contexte de marché tendu et haussier pour le cuivre. Les prix se sont approchés des 13 000 dollars la tonne fin 2025, portés par des anticipations de droits de douane américains et des inquiétudes sur l’offre mondiale. Plusieurs incidents, dont un séisme ayant affecté le site en mai 2025, ont conduit à réviser à la baisse les prévisions de production minière à environ 420 000 tonnes pour 2025-2026. Cette rareté renforce la valeur stratégique de la nouvelle capacité de transformation.
Pour la RDC, cet investissement représente une avancée vers une plus grande captation de la valeur créée par ses ressources. Le complexe minier, détenu à 20% par l’État congolais, renforce ainsi son ancrage national et son rôle dans la chaîne de valeur mondiale du cuivre. Toute la production d’anodes est déjà couverte par des contrats à long terme avec des géants comme le chinois Zijin Mining et le négociant suisse Trafigura.
Au-delà des retombées économiques, ce projet incarne un changement de paradigme pour l’industrie minière congolaise, démontrant que la transformation locale à grande échelle est techniquement et commercialement viable. Il établit un nouveau standard en matière d’intégration industrielle sur le continent, combinant scale, efficacité et création de produits dérivés stratégiques. Cette étape pourrait inspirer d’autres projets en RDC et en Afrique, dans un secteur où l’exportation de matières brutes reste encore trop souvent la norme.
Amen K.
