RDC : Kinshasa passe à l’électrique, un partenariat vietnamien pour décongestionner la capitale.
Confrontée à une congestion chronique et à une croissance rapide de son parc automobile, Kinshasa, capitale de la RDC, mise sur une solution technologique pour transformer sa mobilité urbaine. La ville a acté, lundi 29 décembre, un protocole d’accord majeur avec le conglomérat vietnamien Vingroup et la société locale Exposure SARL. L’objectif : déployer à grande échelle une flotte de transport public entièrement électrique.
Ce partenariat prévoit l’acquisition et la mise en circulation de véhicules électriques de VinFast, la filiale automobile de Vingroup. L’ambition dépasse la simple vente de véhicules ; les partenaires s’engagent à construire un écosystème complet, incluant un réseau étendu de bornes de recharge et des ateliers spécialisés pour assurer la maintenance. Cette approche globale est cruciale pour la viabilité à long terme du projet.
La première phase opérationnelle, qui doit s’achever fin mars 2026, comprend l’élaboration d’une feuille de route détaillée devant aboutir à la signature de contrats fermes. Le plan initial est substantiel : VinFast fournira 500 bus électriques et 1 000 voitures destinées à la flotte publique de Kinshasa. Parallèlement, un autre contrat vise l’introduction sur le marché local de 10 000 à 20 000 voitures et 50 000 à 100 000 motos électriques de la marque, ouvrant la transition au secteur privé.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte d’urgence. Kinshasa, mégalopole de près de 20 millions d’habitants, étouffe sous une pollution atmosphérique croissante et un trafic paralysant, symptômes d’une croissance démographique et automobile qui dépasse largement les capacités des infrastructures. La ville a déjà lancé d’autres projets structurants, comme la construction d’une rocade et le mégaprojet urbain « Kinshasa Kia Mona » (« Kinshasa révélée »), estimé à plus de 50 milliards de dollars, pour remodeler son territoire.
Si ce virage vers l’électrique apparaît comme une perspective prometteuse pour décongestionner et assainir l’air de la capitale, des défis de taille persistent. Les analystes pointent deux obstacles majeurs : le coût d’acquisition des véhicules pour une population majoritairement à faible revenu, et le déficit structurel en électricité du pays. Une transition réussie dépendra donc non seulement du déploiement des bornes de recharge, mais aussi d’investissements massifs parallèles dans la production et la distribution d’énergie.
Ce partenariat avec le Vietnam marque une étape audacieuse. Il teste la capacité de Kinshasa à adopter des technologies de pointe pour résoudre ses crises urbaines, dans un équilibre complexe entre ambition modernisatrice et contraintes socio-économiques profondes.
Amen K.
