RDC : Le Président Félix Tshisekedi crée un tribunal spécial pour traquer les détourneurs de deniers publics
La lutte contre la corruption en République démocratique du Congo (RDC) franchit un cap décisif. Par une ordonnance signée ce jour, le président Félix Tshisekedi a institué un Tribunal pénal économique et financier, une juridiction spécialement dédiée aux crimes financiers qui gangrènent le pays depuis des décennies.
Cette nouvelle instance aura pour mission de juger les affaires de détournement de deniers publics, de blanchiment d’argent, d’enrichissement illicite et de corruption. Des fléaux que les autorités congolaises peinent à endiguer malgré les multiples promesses de tolérance zéro. En créant cette juridiction spécialisée, le chef de l’État entend frapper fort et envoyer un signal clair : plus personne ne pourra piller les caisses de l’État en toute impunité.
Concrètement, le tribunal comprendra une chambre de première instance et une chambre d’appel, compétentes pour traiter l’ensemble des infractions à caractère économique et financier. Il sera composé de 40 juges, dont 20 magistrats professionnels et 20 juges assesseurs, garantissant ainsi une approche pluridisciplinaire des dossiers sensibles.
L’ordonnance présidentielle prévoit également une autonomie fonctionnelle et financière pour cette nouvelle juridiction. Dotée d’un budget propre inscrit dans la loi de finances nationale, elle pourra fonctionner sans dépendre des aléas budgétaires classiques. Son siège est fixé à Kinshasa, et l’entrée en fonction est prévue dans un délai de trois mois. Passé ce délai, toutes les affaires liées aux infractions économiques seront automatiquement transférées à ce parquet spécialisé.
L’objectif affiché par la présidence est double : améliorer l’efficacité dans le traitement des dossiers sensibles, trop souvent enterrés dans les méandres de la justice ordinaire, et renforcer la confiance des Congolais dans leur système judiciaire. Car c’est bien là l’enjeu majeur : restaurer la crédibilité d’une institution perçue par beaucoup comme corrompue et inefficace.
Reste à voir comment cette nouvelle juridiction sera dotée en moyens humains et matériels pour mener à bien sa mission. Dans un pays où les avoirs détournés se chiffrent en milliards de dollars, la création de ce tribunal spécial est une première étape cruciale. Mais son efficacité dépendra de la volonté réelle des autorités de poursuivre les gros poissons, y compris ceux qui évoluent dans les plus hautes sphères du pouvoir.
Amen K.
