Afrique : Succession à l’ONU, l’UA porte Macky Sall, un test de solidarité africaine face aux enjeux diplomatiques
4 heures ago laredaction
L’Union africaine (UA) engage le continent dans une course diplomatique majeure. En présentant officiellement l’ex-président sénégalais Macky Sall comme candidat au poste de Secrétaire général des Nations Unies, l’organisation panafricaine affirme sa volonté de voir un Africain accéder à la plus haute fonction diplomatique mondiale. Une initiative qui, au-delà de la candidature elle-même, met en lumière les enjeux de solidarité continentale et la compétition internationale pour la direction de l’ONU.
Le projet de décision adopté par le Bureau de l’Assemblée de l’UA le 26 mars 2026 souligne les atouts indéniables de Macky Sall. Fort d’une solide expérience de leadership à la tête du Sénégal de 2012 à 2024, l’ancien chef d’État a démontré tout au long de son parcours une approche pragmatique, un réseau international étendu et une capacité éprouvée à rechercher le consensus entre nations et grandes puissances. Des qualités qui, selon l’UA, font de lui un candidat capable de relever les défis majeurs de paix, de sécurité et de stabilité auxquels l’ONU est confrontée.
En appelant à la solidarité africaine et en exhortant tous les États membres et partenaires internationaux à soutenir cette candidature, l’Union africaine pose une question de fond : le continent, qui représente plus d’un quart des membres de l’ONU, peut-il prétendre à la fonction suprême des Nations Unies ? Jamais un Africain n’a occupé le poste de Secrétaire général depuis l’indépendance du Ghana en 1957, malgré une présence constante sur la scène internationale. Cette candidature est donc porteuse d’une légitimité historique.
Cependant, le chemin vers New York s’annonce semé d’embûches diplomatiques. Une nuance de taille est déjà apparue : les autorités sénégalaises actuelles, par la voix du ministre des Affaires étrangères, ont indiqué ne pas avoir été consultées sur cette candidature. Ce contexte particulier, lié à l’alternance politique intervenue au Sénégal en 2024, rappelle que la diplomatie onusienne exige une coordination sans faille entre l’UA et ses États membres.
Sur le plan concurrentiel, le paysage évolue rapidement. La candidate chilienne Michelle Bachelet a perdu le soutien de son pays, réduisant ainsi la concurrence directe. Mais d’autres candidatures restent en lice : l’Argentin Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, proposé par son pays, et la Costaricienne Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente, représentent l’Amérique latine. La compétition promet d’être intense.
Le processus de sélection prévoit désormais une étape cruciale. À partir du 20 avril prochain, chaque candidat disposera de trois heures pour présenter sa vision devant les instances onusiennes. Le Conseil de sécurité recommandera ensuite un nom, avant que l’Assemblée générale ne procède à la nomination définitive.
Pour l’Afrique, cette candidature est bien plus qu’une ambition individuelle. C’est un test de cohésion continentale et de capacité à peser dans les instances internationales. L’issue de cette course dira si le continent, fort de son poids démographique et géopolitique, parvient à transformer son unité affichée en influence réelle à l’échelle mondiale.
Amen K.
