Burkina Faso : Curage des barrages à Ouagadougou, le gouvernement agit pour l’eau et accompagne les maraîchers
Allier la restauration des infrastructures hydrauliques à la protection des populations vulnérables. C’est le pari qu’ont relevé les autorités burkinabè en lançant officiellement, ce vendredi, les travaux de curage des barrages n°1, 2, 3 et de Boulmiougou dans la capitale. Une opération d’envergure qui s’inscrit dans une campagne nationale visant 100 barrages à travers l’ensemble du territoire.
Placée sous la présidence du commandant Ismaël Sombié, ministre d’État chargé de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, en présence du lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, ministre de la Famille et de la Solidarité, cette cérémonie marque le début d’un chantier aux multiples bénéfices pour les populations ouagalaises.
L’objectif premier est technique et stratégique : restaurer la capacité de stockage des ouvrages, réduire le déficit chronique en eau potable de la capitale et prévenir les risques d’inondation pendant la saison des pluies. Près de 600 000 m³ de sédiments seront extraits des réservoirs, permettant de récupérer environ 25 % de leur capacité initiale. Les travaux ont été confiés à des structures nationales, dans le respect de la politique de souveraineté économique voulue par les autorités.
Mais le gouvernement n’a pas oublié le volet humain, souvent le plus douloureux dans ce type d’opérations. Conscients que le curage impacte directement les maraîchers qui exploitent les abords des barrages, les autorités ont déployé un accompagnement social exemplaire. Plus de 100 hectares seront aménagés dans la Ceinture verte pour réinstaller les producteurs déplacés, avec la réalisation de forages à gros débit garantissant la continuité des activités agricoles toute l’année.
Un soutien direct a également été apporté aux maraîchers sous forme de vivres, d’intrants agricoles et de kits d’irrigation. Une main tendue qui transforme une contrainte technique en opportunité de modernisation pour l’agriculture urbaine.
À terme, cette opération ambitieuse devrait améliorer durablement l’approvisionnement en eau des ménages, renforcer la sécurité des populations riveraines face aux inondations et soutenir les activités économiques liées à l’agriculture de ceinture verte. Le gouvernement burkinabè prouve une fois de plus qu’il est possible de concilier grands travaux et justice sociale, dans un pays où chaque goutte d’eau et chaque parcelle de terre comptent.
Amen K.
