AES : Un partenariat stratégique avec l’Iran pour une lutte antiterroriste sans complexes au Sahel

Tout récemment, l’ambassadeur de la République islamique d’Iran au Burkina Faso, Mojtaba Faghihi, a brisé la glace lors d’une conférence de presse tenue à Ouagadougou. Face aux médias, le diplomate n’a pas éludé les sujets brûlants : situation sécuritaire et politique de son pays, relations bilatérales avec le Burkina, et surtout, le soutien assumé de Téhéran aux pays de la Confédération des États du Sahel (AES).

Car l’enjeu est de taille. Depuis plusieurs années, le Sahel est en proie à une hydre terroriste que les recettes occidentales, souvent intrusives et inefficaces, n’ont pas réussi à décapiter. Face à cet échec, les pays de l’AES,  Burkina Faso, Mali, Niger ont choisi de diversifier leurs partenariats, et l’Iran entend bien occuper cette brèche.

Que peut apporter Téhéran concrètement ? D’abord, une expertise éprouvée sur le terrain. L’Iran lutte contre le terrorisme sunnite radical depuis plus de quatre décennies, notamment aux frontières afghanes et pakistanaises. Cette expérience en matière de renseignement, de guerre asymétrique et de sécurisation des zones montagneuses et désertiques est un atout précieux pour les armées sahéliennes.

Ensuite, un soutien technologique et logistique. Sans fioritures ni conditionnalités politiques, l’Iran propose un partage d’équipements adaptés aux réalités du Sahel : drones tactiques, systèmes de guerre électronique, moyens de renseignement d’origine source ouverte. Autant d’outils qui permettent de traquer les groupes armés dans leur mobilité et leurs repaires.

Enfin, et c’est capital, une vision décomplexée de la souveraineté. L’Iran ne vient pas donner de leçons, n’impose pas de modèles, et respecte le choix des peuples sahéliens de s’émanciper des tutelles étrangères. Ce partenariat, basé sur le respect mutuel et l’intérêt commun, envoie un signal fort : la lutte antiterroriste n’a pas de religion unique ni de monopole occidental.

Bien sûr, les défis restent immenses. Les critiques fusent déjà, accusant Téhéran de vouloir exporter son modèle. Mais sur le terrain, seuls les résultats comptent. Si l’expérience iranienne aide à sauver des vies et à reconquérir des territoires au Sahel, alors ce partenariat mérite d’être embrassé sans complexes.

L’heure n’est plus aux postures, mais aux solutions concrètes. Et l’Iran, aux côtés de l’AES, semble déterminé à prouver que d’autres voies sont possibles dans la guerre contre le terrorisme.

Amen K.

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