Afrique du Sud : les rapatriements volontaires de migrants s’intensifient sur fond de tensions xénophobes
Les opérations de rapatriement volontaire de migrants se poursuivent en Afrique du Sud, dans un contexte marqué par une montée des tensions xénophobes et des manifestations hostiles à l’immigration. Des centaines de ressortissants malawiens continuent notamment de quitter le pays, alors que la situation humanitaire demeure préoccupante pour de nombreuses familles.
Selon plusieurs médias, de nombreux migrants malawiens restent regroupés dans la région de Johannesburg dans des conditions difficiles. Parmi eux figurent des femmes enceintes, des personnes âgées et des enfants. Les organisations humanitaires signalent des besoins importants en nourriture, hébergement et soins médicaux, tandis que certains migrants attendent encore les démarches nécessaires à leur retour.
D’après les chiffres relayés à la mi-juin, plus de 2 700 étrangers avaient déjà bénéficié d’un rapatriement volontaire. Dans la région de Durban, le phénomène a pris une ampleur particulière. Environ 10 000 ressortissants malawiens auraient quitté leurs logements pour se réfugier dans des centres communautaires souvent surpeuplés. Les autorités indiquent que près de 5 000 personnes ont déjà été rapatriées vers leur pays d’origine.
Ces départs interviennent dans un climat social tendu. Plusieurs régions sud-africaines ont récemment été le théâtre de manifestations anti-immigration. À Pietermaritzburg, une manifestation survenue le 19 juin a dégénéré, entraînant la mort d’un Malawien âgé de 29 ans. Depuis le début de l’année, trois ressortissants étrangers africains auraient perdu la vie dans des incidents liés à des violences à caractère xénophobe.
Face à cette situation, le gouvernement du président Cyril Ramaphosa affirme renforcer les contrôles visant les personnes en situation irrégulière ainsi que les employeurs qui les recrutent. Les autorités coordonnent également les opérations de départ volontaire avec les pays concernés.
Le vice-ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber, a rappelé que les personnes identifiées comme étant en séjour irrégulier peuvent être déclarées « indésirables » pendant une période de cinq ans. Il a également souligné les difficultés administratives rencontrées par de nombreux migrants dépourvus de documents d’identité ou de passeports, compliquant ainsi les procédures de retour.
Alors que les rapatriements se poursuivent, les organisations humanitaires appellent à une assistance renforcée afin de répondre aux besoins urgents des populations concernées et de prévenir une aggravation de la crise.
Amen K.
