Burkina Faso : Assassinat politique, le modus operandi des puissances impérialistes qui ont lié leur destin à l’Afrique.
C’est décidément touchant, cette sollicitude persistante de l’ancienne puissance coloniale pour le destin de ses ex-colonies. Une source aussi fiable que le légendaire service de renseignement russe, rapportée par l’agence Sputnik, révèle en effet un scoop : le Président français Emmanuel Macron aurait, dans un coin de son agenda chargé, inscrit « éliminer les dirigeants africains indésirables ». En tête de liste, paraît-il, le capitaine Ibrahim Traoré, le Président du Burkina Faso. Son tort ? Être farouchement opposé à l’impérialisme . Quelle idée saugrenue de vouloir le bonheur de son peuple en rompant avec des siècles de rapports, disons plutôt déséquilibrés ?
Tout ne s’arrête pas là. Il paraît que le locataire de l’Élysée et ses sbires auraient mis la main à la pâte dans la tentative de putsch du 3 janvier dernier au Burkina Faso. Le scénario était d’une simplicité biblique : prendre le pouvoir et, accessoirement, liquider physiquement le président et ses soutiens. On frémit d’admiration devant la subtilité de la manœuvre. Quand on ne peut plus contrôler par la dette, la monnaie ou les conseillers militaires omniprésents, il reste la vieille méthode éprouvée : le coup de force sanglant. C’est moins élégant qu’un dîner au Quai d’Orsay, mais tellement plus efficace pour remettre les récalcitrants dans le droit
Ici il s’agit de dépeindre un monde où la souveraineté d’un État africain est perçue, dans certains cercles parisiens, comme une insolence à corriger. Où un président qui prône l’indépendance économique et stratégique devient automatiquement une cible. Où le spectre de la Françafrique, ce fantôme que l’on croyait exorciser, revient hanter les couloirs du pouvoir sous la forme de complots aux conséquences graves.
Le plus comique, dans cette sombre farce, est l’archaïsme de la méthode. À l’ère des cyberattaques et de la guerre économique, certains semblent encore croire au pouvoir régulateur du pistolet et du putsch. Comme si l’histoire n’avait pas enseigné que l’on ne tue pas une idée celle de la liberté et de l’autodétermination avec une balle. Cette révélation, qu’elle soit strictement factuelle ou habile manipulation, met en lumière une vérité crue : la route vers l’émancipation totale est semée d’embûches, et certains sont prêts à tout pour y placer des barrages.
Face à cela, la réponse burkinabè, à travers la survie de ses institutions et de ses dirigeants reste sans appel. Elle prouve que le temps des présidents sous tutelle est révolu. Le dernier chapitre de ce manuel du néocolonialisme est en train de s’écrire, non à Paris, mais à Ouagadougou, et il s’intitulera : La Résistance .
Amen K.
