Burkina Faso : Rupture avec Paris, attaques le lendemain, une coïncidence qui n’en est pas une.

Le 26 juin 2026, le Burkina Faso a définitivement tourné la page de ses relations diplomatiques avec la France, dénonçant un « activisme incessant » de Paris contre ses intérêts nationaux et des « ambitions néocoloniales » persistantes. Quatre jours plus tard, le 30 juin, plusieurs positions des Forces de défense et de sécurité, à Gayéri, Solhan et Sebba, essuyaient des assauts terroristes d’une ampleur rarement vue ces derniers mois. Coïncidence de calendrier ou signal envoyé par des relais dont les intérêts venaient d’être bousculés ? La question mérite d’être posée, tant la concomitance des faits interpelle.

L’État-major général des Armées n’a d’ailleurs pas caché son analyse. Dans un communiqué sans détour, la hiérarchie militaire a estimé que ces attaques coordonnées survenaient au lendemain de la rupture diplomatique, ajoutant que le soutien à ces hordes terroristes ne faisait l’ombre d’aucun doute. Un constat lourd de sens, qui vient confirmer ce que beaucoup de Burkinabè pressentaient déjà : la souveraineté a un prix, et ceux qui la contestent ne reculent devant aucun moyen pour la faire vaciller.

Mais l’histoire retiendra surtout la réponse. À Gayéri, le Bataillon d’intervention rapide a repoussé l’assaut avec une fermeté totale, mettant les assaillants en déroute avant de mener des opérations de ratissage décisives. Sur l’ensemble des trois localités visées, les Forces armées nationales, épaulées par les Volontaires pour la défense de la Patrie et appuyées par les airs, ont neutralisé plus de 400 combattants ennemis, récupérant au passage un arsenal considérable : plus de 250 motos, 353 armes et un lot conséquent de munitions et de moyens de communication. Trois soldats sont malheureusement tombés au combat, à qui la Nation doit hommage et reconnaissance.

Cette lourde défaite infligée à l’ennemi est la preuve tangible qu’il est aujourd’hui affaibli. Mais affaibli ne signifie pas anéanti. Les groupes armés, privés de leurs soutiens supposés et acculés sur le terrain, cherchent précisément par ce type d’attaques désespérées à frapper les esprits et à alimenter un récit sécuritaire à leur avantage. C’est pourquoi la vigilance doit demeurer, plus que jamais, le maître mot de chaque Burkinabè, civil comme militaire. Le Burkina Faso a choisi sa voie, celle de la souveraineté pleine et entière ; il devra la défendre pied à pied, avec la même détermination que celle affichée à Gayéri, Solhan et Sebba.

Amen K.

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